Résumé de la décision
La société GTE Réunion a formé une requête devant la cour administrative d'appel afin d'annuler un jugement du tribunal administratif de La Réunion daté du 5 décembre 2016, qui avait rejeté sa demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés. Ces cotisations résultaient d'un ajustement fiscal qui contestait un abattement dont bénéficiait la société, en raison de l'inéligibilité de son activité principale au titre des dispositions fiscales applicables. La cour, à travers une ordonnance du 8 août 2017, a finalement rejeté la requête, considérant qu'elle était manifestement dépourvue de fondement.
Arguments pertinents
1. Inéligibilité de l'activité : La cour a confirmé que l'abattement fiscal prévu par l'article 44 quaterdecies du code général des impôts, ainsi que les réductions d'impôt sous réserves des articles 199 undecies B et 1467 A, ne s'appliquent pas à l'activité principale de la société GTE Réunion, qui consistait en une activité déjà jugée comme non éligible. Cette décision repose sur la combinaison des articles précités.
2. Absence de prise de position formelle : La cour a souligné que, même si un dégrèvement avait été accordé à la société pour un autre exercice, celui-ci ne constituait pas une prise de position formelle de l'administration, et ne saurait être utilisé comme fondement pour la contestation des nouvelles taxes établies. "L'avis de dégrèvement du 30 décembre 2011 n'est pas motivé et ne contient ainsi aucune prise de position formelle" sur la base des articles L. 80 A et L. 80 B du livre des procédures fiscales.
3. Rejet de la référence à un autre contribuable : La cour a également rejeté l'argument selon lequel une décision positive concernant un autre contribuable (la société Innoves 2009) pourrait être appliquée à la société GTE Réunion. La cour a noté qu'un courrier évoquant une possible éligibilité des investissements d'une autre société ne constituait pas une prise de position quant à l'activité de GTE Réunion, soulignant que "la lettre ne contient aucune prise de position formelle sur la qualification de la propre activité de la société".
Interprétations et citations légales
1. Application de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : Cet article stipule que "Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal". La cour a interprété que, pour bénéficier de cette garantie, le contribuable devait prouver une interprétation formellement admise par l'administration, ce qu'il n'a pas fait.
2. Absence de position formelle par l'administration : L'article L. 80 B consacre la nécessité d'une prise de position claire de l'administration pour protéger le contribuable. La cour a conclu que la société GTE Réunion ne pouvait pas se prévaloir d'une interprétation favorable qui n'aurait pas été clairement formalisée par l'administration.
3. Rejet de la pratique de référence à des cas isolés : La cour a explicitement rejeté l’idée que les mentions d’une autre société puissent être considérées comme une forme d'interprétation valide dans le cadre de la décision de GTE Réunion, en précisant que celle-ci devait se fonder sur sa propre situation et non sur celle d’un tiers.
Ainsi, la cour a conclu que la requête était infondée et en conséquence a ordonné son rejet, démontrant l’importance de la prise de position formelle de l’administration dans le cadre des contentieux fiscaux.