Résumé de la décision :
M. et Mme D..., ressortissants algériens, ont formé un recours devant la cour administrative d’appel après que le tribunal administratif de Limoges a rejeté leur demande d'annulation des arrêtés du préfet de la Haute-Vienne, qui leur avaient refusé un titre de séjour et leur avaient imposé une obligation de quitter le territoire français. Ils contestaient ces décisions sur divers fondements juridiques, notamment des atteintes à leurs droits en vertu d’accords internationaux et à leur situation personnelle affectée par la crise sanitaire. La cour, dans sa décision rendue le 8 novembre 2021, a rejeté la requête au motif qu'elle était manifestement dépourvue de fondement, sans éléments nouveaux pour soutenir leurs prétentions.
Arguments pertinents :
1. Absence de preuve suffisante :
La cour a souligné que les certificats médicaux fournis par M. et Mme D... n’apportaient pas de preuves suffisantes quant à l'impossibilité de recevoir un traitement approprié en Algérie. Les certificats, rédigés dans des termes similaires à ceux précédemment présentés, n’en justifiaient pas l’improbabilité. La cour a affirmé : "ces certificats qui ne sont pas circonstanciés (...) ne démontrent pas que les intéressés ne pourraient pas bénéficier en Algérie des traitements appropriés à leurs états de santé."
2. Non-remise en cause des décisions préfectorales :
La cour a également estimé que les requérants n'avaient pas réussi à établir que le préfet avait commis une erreur manifeste d’appréciation dans les décisions portant obligation de quitter le territoire, en particulier en ce qui concerne les risques liés à la situation sanitaire en Algérie, affirmant que "les requérants n'établissent pas que les autorités algériennes ne prendront pas les mesures utiles eu égard à la pandémie qui touche l'Algérie comme la France."
Interprétations et citations légales :
Les décisions de la cour s’appuient sur plusieurs textes législatifs et conventions internationales, notamment :
- Convention Européenne des Droits de l'Homme - Article 2 :
"Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi." La cour a analysé le lien entre cet article et la situation des requérants, concluant que les éléments présentés n'établissaient pas que leur retour en Algérie manquerait de sécurité minimal.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-14 :
Cet article décrit des conditions spécifiques dans lesquelles un étranger peut prétendre à un titre de séjour. La cour a jugé que ces conditions n’étaient pas remplies par M. et Mme D... et qu'aucune nouvelle preuve n'impliquait une réévaluation de leur situation.
La cour s'appuie sur l'article R. 222-1 du Code de justice administrative, qui permet le rejet de requêtes "manifestement dépourvues de fondement". La décision précise clairement : "Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée selon la procédure prévue par les dispositions précitées."
En conclusion, la décision de la cour administrative d’appel élève la nécessité d'une forte charge de preuve pour contester des décisions administratives, particulièrement dans le cadre de l'application des lois sur l'immigration, et rappelle que la situation personnelle des requérants, même difficile, doit s'intégrer dans un cadre législatif précis qui leur impose des obligations en matière de preuve.