Résumé de la décision
Mme A et M. F ont introduit une demande auprès du tribunal administratif de Pau, qui a annulé un permis de construire modificatif en lien avec un permis initial également annulé antérieurement. Par la suite, la commune de Pau a interjeté appel de cette décision. La cour administrative d'appel a rejeté les requêtes de la commune, considérant que l'annulation du permis initial était devenue irrévocable et que le tribunal n'avait pas à motiver son refus de sursis à statuer dans l'attente de cette décision. En raison de l'irrecevabilité de la demande de la commune, celle-ci a été déboutée.
Arguments pertinents
1. Absence d'obligation de motivation : La cour a statué que le tribunal administratif n'était pas tenu de motiver son rejet de la demande de sursis à statuer de la commune. Selon la décision : « Son jugement n'est donc pas entaché d'irrégularité pour s'être abstenu de se prononcer expressément sur ce point ».
2. Irrecevabilité de l’appel : La cour souligne que la commune n'a pas contesté un jugement antérieur confirmant l'annulation du permis initial, rendant cette annulation irrévocable. Par conséquent, le permis de construire modificatif manquait de base légale. La cour a conclu que « cette annulation étant ainsi devenue irrévocable, le permis de construire modificatif du 19 novembre 2013 est bien dépourvu de base légale ».
3. Rejet des demandes au titre des frais : La cour a décidé qu’aucune des demandes concernant le versement de sommes au titre des frais de justice ne sera accordée, qu'elles proviennent de la commune ou des requérants, en raison du rejet des requêtes, comme indiqué dans le jugement : « Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a lieu de faire droit à aucune des demandes des parties au titre de l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative ».
Interprétations et citations légales
1. Article R. 222-1 du Code de justice administrative : Cet article précise les compétences et les prérogatives des présidents de tribunaux et de cours administratives d'appel. Il établit que ces magistrats peuvent examiner des requêtes qui ne soulèvent plus de questions autres que les condamnations prévues à l'article L. 761-1 ou les dépens. La cour a appliqué ces dispositions pour rejeter les requêtes de la commune.
2. Non-contestation de l’annulation : La cour a rappelé l'importance de la chose jugée, notamment en référence à l'arrêt n°14BX01257. En ne se pourvoyant pas en cassation contre cet arrêt, la commune a tacitement accepté l'annulation antérieure, ce qui a conduit à l'invalidité du permis modificatif.
3. Application de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative : Ce texte établit les principes de la prise en charge des frais de justice. La cour a jugé qu’aucune des demandes des parties au titre de cet article n’était justifiée, mettant en exergue la nature irrécusable de la décision rendue.
En conclusion, cette affaire illustre l'importance de la procédure d'appel et des conséquences d'une annulation de permis de construire dans le cadre du droit administratif. La cour a agi dans le respect des principes procéduraux établis par le Code de justice administrative.