Résumé de la décision :
La communauté d'agglomération du grand Montauban a demandé en appel l'annulation d'une ordonnance du tribunal administratif de Toulouse qui rejetait sa requête concernant la restitution de sommes prélevées sur sa dotation de compensation pour les années 2012, 2013 et 2014. Dans sa décision du 12 décembre 2017, la cour a rejeté la demande de la communauté d'agglomération, considérant que la créance qu'elle invoquait n'était pas sérieusement contestable en raison de la validité des arrêtés préfectoraux pris dans le cadre de la loi de finances rectificative de 2016. La cour a également rejeté les conclusions au titre des frais d'avocat.
Arguments pertinents :
1. La communauté d'agglomération soutenait que les prélèvements effectués étaient dénués de base légale et lui avaient causé un préjudice financier. Cependant, la cour a observé que ces prélèvements avaient été validés par la loi du 29 décembre 2016, qui a expressément précisé : "sont validés les arrêtés préfectoraux pris au titre des exercices 2012, 2013 et 2014 constatant le prélèvement...", rendant ainsi la contestation de la créance non sérieusement contestable.
2. La cour a souligné que, bien qu'il ne soit pas nécessaire de statuer sur la recevabilité de la demande de restitution ou la tardiveté de la saisine du juge, il était évident que la créance revendiquée par la communauté d'agglomération ne peut plus être considérée comme incontestable.
Interprétations et citations légales :
1. Article R. 541-1 du Code de justice administrative : Ce texte stipule que "le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable." Dans cette affaire, le juge des référés a constaté que la créance était contestable, rendant impossible l'octroi de la provision.
2. Article 133 de la loi du 29 décembre 2016 de finances rectificative pour 2016 : La cour a mis en avant que "sont validés les arrêtés préfectoraux pris au titre des exercices 2012, 2013 et 2014 constatant le prélèvement opéré", indiquant que les décisions prises antérieurement en matière de prélèvements étaient désormais légitimées par la loi, ce qui limitait la capacité de la communauté à revendiquer des restitutions.
3. Décision n° 2017-644 QPC du 21 juillet 2017 du Conseil constitutionnel : Le Conseil constitutionnel a validé les dispositions de la loi précitée par cette décision, renforçant ainsi la légalité des arrêtés contestés.
En somme, cette décision illustre comment la validation législative des actes administratifs peut influencer les questions de droit fiscal et de contentieux administratif, limitant les possibilités de contestation pour les collectivités territoriales.