Résumé de la décision
Par l'arrêt du 23 février 2021, la cour administrative d'appel a rejeté la requête de M. A... C... concernant la liquidation d'une astreinte prononcée contre la commune de Saint-Beauzeil pour non-exécution d'un arrêt antérieur. La commune a été jugée avoir entièrement exécuté les décisions de la cour à la suite des délibérations du conseil municipal du 18 février 2021 qui ont approuvé le déclassement et la cession des chemins ruraux. En conséquence, la cour a refusé de liquider une astreinte supplémentaire et a également rejeté la demande de remboursement des frais de justice de M. C..., au motif que la commune n'était pas partie perdante.
Arguments pertinents
1. Exécution des décisions: La cour a établi que la commune de Saint-Beauzeil avait pleinement exécuté l'arrêt n° 15BX04088 du 12 juillet 2016, en approuvant le déclassement des chemins ruraux et en autorisant le maire à procéder à leur cession. La cour a indiqué que : "la commune de Saint-Beauzeil doit être regardée comme ayant, à cette date, entièrement exécuté l'arrêt".
2. Légalité des délibérations: La contestation de M. C... concernant la légalité des délibérations du 18 février 2021 a été jugée comme un litige distinct. La cour a donc souligné que cela ne remettait pas en cause la conformité de l’exécution de l’arrêt en question.
3. Absence de liquidation d'astreinte supplémentaire: En considérant les circonstances de mise en œuvre des mesures d'exécution prescrites, la cour a décidé qu'il n'y avait pas lieu de procéder à une liquidation d'astreinte supplémentaire pour la période allant du 4 au 18 février 2021. Ce refus est justifié par l'idée que la mise en œuvre des décisions avait posé une certaine complexité, à savoir "eu égard notamment à la difficulté à mettre en œuvre les mesures d'exécution".
4. Frais de justice: La cour a également rappelé que, selon l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il ne saurait être mis à la charge de la municipalité le paiement des frais exposés par M. C..., car celle-ci n'était pas partie perdante dans l'instance.
Interprétations et citations légales
1. Sur l'astreinte: La décision de la cour s'appuie sur l'article L. 911-6 du code de justice administrative qui établit que "l'astreinte est provisoire ou définitive" et l'article L. 911-7 qui précise que "la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée" en cas d'inexécution. Ces textes posent les bases pour comprendre la nature des astreintes et le cadre dans lequel elles peuvent être liquidées.
2. Concernant la légalité des actes administratifs: La cour a clairement indiqué que la contestation faite par M. C... était un "litige distinct" de celui qui avait été tranché par l'arrêt dont l'exécution était demandée. Cette séparation des litiges souligne l'importance des actes administratifs et de leur validité, tout en maintenant le principe d'autorité de la chose jugée.
3. Frais de justice: L'article L. 761-1 du code de justice administrative stipule que les frais exposés par une partie ne peuvent être mis à la charge de la partie qui n'est pas perdante dans l'instance : "Les frais exposés par une partie ne peuvent être mis à la charge de l'autre partie que s'il est renoncé à son indemnisation ou si un désaccord est constaté". Cette citation justifie la décision de ne pas faire supporter les frais de M. C... par la commune.
Dans l'ensemble, la cour a pris en compte les éléments juridiques pertinents et a rendu une décision basée sur des interprétations précises des lois applicables, tout en considérant les circonstances pratiques entourant l'exécution de l'arrêt initial.