Résumé de la décision
Dans cette affaire, Mme D..., épouse B..., a sollicité un juge des référés du tribunal administratif de Pau pour ordonner une expertise médicale concernant une intervention chirurgicale effectuée le 27 septembre 2016 au centre hospitalier de Dax. Cette demande a été accueillie par un jugement du 16 janvier 2018, que le centre hospitalier a ensuite contesté en appel. La cour a confirmé la décision du premier juge, en considérant que l’expertise était justifiée pour examiner les éventuelles fautes médicales et leur lien avec les préjudices allégués par Mme D.... Le centre hospitalier a été condamné à verser 1 000 euros à Mme D... au titre de l’article L. 761-1 du code de la justice administrative.
Arguments pertinents
1. Sur la compétence du juge des référés : La cour a affirmé que le juge des référés avait correctement apprécié sa compétence pour ordonner une expertise. C'est en vertu de l’article R. 532-1 du code de justice administrative que le juge des référés peut prescrire toute mesure utile d’expertise, même en l'absence de décision administrative préalable. La cour a donc constaté l'utilité de l'expertise pour établir les responsabilités dans le cadre de l'intervention médicale.
2. Sur la nature des actes médicaux : Le centre hospitalier a soutenu que l’intervention chirurgicale contestée était réalisée dans le cadre de l'activité libérale d'un praticien, ce qui empêcherait une mise en cause de l’établissement. Cependant, la cour a précisé que malgré la nature libérale des actes, la participation d'agents du centre hospitalier lors de l'intervention justifiait une enquête sur la responsabilité de l'établissement. Le praticien, bien qu’agissant en libéral, était toujours à l’intérieur de l’établissement, impliquant ainsi la responsabilité conjointe.
3. Sur l’expertise médicale : La cour a donc considéré que Mme D... avait le droit de demander une expertise pour identifier les éventuelles fautes durant son opération et établir leur lien avec les préjudices subis. Cette reconnaissance de l’expertise était particulièrement importante pour les litiges relatifs à des actes médicaux.
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article R. 532-1 : L'article mentionne que "le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction". La cour d'appel a donc interprété que même dans le cadre d'une action en responsabilité qui pourrait être exercée contre un praticien, le juge avait le pouvoir d’ordonner une expertise pour éclaircir les faits en litige.
2. Responsabilité des établissements de santé : La décision souligne la possibilité pour un patient de poursuivre à la fois le praticien et l'établissement hospitalier, lorsque des agents de ce dernier ont participé aux actes en cause. La cour a affirmé que dans des situations de ce type, "l’établissement public peut être déclaré responsable aussi bien des fautes commises par lui-même et par ses préposés que par ce praticien."
3. Application de l'article L. 761-1 : Cet article impose la condamnation de la partie perdante à rembourser les frais de justice. La cour a jugé approprié de faire supporter au centre hospitalier les frais d’instance, affirmant que l’intimée avait droit à une compensation pour sa démarche judiciaire.
En résumé, la décision s'appuie sur les principes de compétence du juge administratif pour ordonner des expertises, ainsi que sur les responsabilités multiplicité en matière de soins de santé. La reconnaissance de ces nuances dans la législation favorise la protection des droits des patients et la responsabilité des établissements de santé.