Résumé de la décision
Mme E... a demandé la suspension de l'exécution de la décision de la collectivité territoriale de Martinique du 23 octobre 2019 retirant son agrément tacite pour exercer son activité d'accueillante familiale, ainsi que de la décision rendue le 22 avril 2020 rejetant son recours gracieux. Le juge des référés a rejeté sa demande en raison de l'absence de preuve d'urgence et d'un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées.
Arguments pertinents
1. Absence de preuve d'urgence : Le juge des référés a constaté que Mme E... n'a pas fourni de preuves tangibles de son activité d'accueillante familiale, ce qui l'empêche de démontrer que le retrait de son agrément porte une atteinte grave et immédiate à sa situation. Le juge a noté que le retrait de l'agrément remonte à plus d'un an et demi, sans que son activité ne soit prouvée.
Citation pertinente : "Mme E... ne produit aucun document permettant d'établir qu'elle exerce effectivement une telle activité et que cette activité lui procure des revenus."
2. Impact du bail : Bien que le bail indique que le logement est destiné à l'exercice de sa profession, il atteste également que le logement est destiné à l'habitation. Le juge a déterminé qu'aucune clause n'associe le maintien dans les lieux à la possession de l'agrément, soulignant que cela ne démontre pas non plus une urgence.
Citation pertinente : "Le bail indique également que le logement est aussi destiné à l'habitation et aucune de ses clauses ne subordonne son maintien à l'obtention de l'agrément d'accueillant familial."
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-1 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés de suspendre l'exécution d'une décision administrative, à condition que l'urgence justifie cette suspension et qu'il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision.
Citation légale : "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision."
2. Critères d'urgence : La décision clarifie que l'urgence justifie la suspension d'un acte administratif lorsqu'il porte une atteinte grave et immédiate à la situation du requérant. Le juge examine les justifications fournies par le requérant pour déterminer si les effets de l'acte litigieux justifient la suspension.
3. Évaluation de la situation : Le refus de la demande de Mme E... repose sur une interprétation stricte des conditions d'urgence et de doute sérieux, où le juge conclut que l'absence de preuves tangibles concernant son activité ne permet pas d'inférer une atteinte suffisamment grave à sa situation personnelle.
Citation pertinente : "Par suite, l'une des conditions posées par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, les conclusions de Mme E... aux fins de suspension de l'exécution des décisions [...] doivent être rejetées."
En somme, la décision du juge des référés met en lumière l'importance de fournir des éléments probants pour établir l'urgence et le sérieux de la contestation d'une décision administrative.