Résumé de la décision
M. C..., un ressortissant sahraoui, a interjeté appel d'un jugement du tribunal administratif de Bordeaux qui avait rejeté sa demande d'annulation d'un arrêté de placement en rétention administrative émis par le préfet de la Gironde pour une durée de cinq jours. M. C... contestait cet arrêté en invoquant des erreurs de fait et la méconnaissance de certaines dispositions légales. La cour a confirmé le jugement du tribunal administratif, estimant que les arguments avancés par M. C... ne fondaient pas une annulation de l'arrêté contesté.
Arguments pertinents
Les arguments clés développés par la cour reposent sur plusieurs principes juridiques :
1. Rejet des moyens soulevés en appel : M. C... a évoqué les mêmes arguments en appel que ceux présentés devant le tribunal administratif sans apporter d'éléments nouveaux. La cour a statué qu'il convenait d'écarter ces moyens : « Par suite, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs pertinemment retenus par le magistrat désigné du tribunal administratif de Bordeaux. »
2. Mention de la décision de refus de séjour : La cour a noté que le préfet de la Somme avait antérieurement rejeté la demande de séjour de M. C... et fixé un pays de destination. M. C... ne pouvait donc pas soutenir que le préfet de la Gironde avait pris une décision implicite erronée : « le préfet de la Somme ayant pris le 20 février 2015, ainsi qu'il vient d'être dit, une décision fixant expressément le pays de destination. »
3. Caractère définitif des décisions antérieures : Les moyens relatifs à l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de renvoi ont été écartés en raison de leur caractère définitif suite à un jugement de rejet antérieur. La cour souligne que ce caractère est déterminant pour la recevabilité de toute exception : « l'exception n'est, en revanche, recevable que si l'acte n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée... »
Interprétations et citations légales
La décision fait référence à plusieurs textes législatifs qui structurent le droit des étrangers en France :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 513-2 : Cet article fixe les conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être placés en rétention administrative.
- Loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations - Article 24 : Cet article insiste sur le droit du citoyen à être informé des décisions administratives le concernant, élément crucial dans ce dossier concernant la fixation du pays de renvoi de M. C....
- Loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique - Article 37 alinéa 2 : Cet article prévoit l'aide juridique et lescharges liées aux procédures engagées.
La cour a démontré que chaque décision administrative est conditionnée par le respect des procédures et de leur caractère définitif. Ces interprétations mettent en lumière l'importance de la continuité entre les décisions administratives, ainsi que la restriction des voies de recours une fois que les décisions ont acquis un caractère conclusive : « Il résulte de tout ce qui précède que M. C...n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort...de la décision... »
En conclusion, la cour a rejeté la requête de M. C..., confirmant ainsi la légalité de l'arrêté de rétention administrative pris par le préfet de la Gironde.