Résumé de la décision
La société Ellyte Ingénierie a déposé une requête en annulation ou réformation d'une décision administrative de rejet concernant un supplément d'imposition. Par un mémoire enregistré le 4 décembre 2019, le ministre de l'action et des comptes publics a conclu au rejet de cette requête. La cour a statué en considérant que la société n'établissait pas de doute sérieux sur le bien-fondé de l'imposition contestée ni sur la condition d'urgence requise pour une suspension. En conséquence, la requête a été rejetée.
Arguments pertinents
1. Doute sérieux sur le bien-fondé : Le ministre a soutenu qu'il n'existait pas de doute sérieux concernant le supplément d'imposition. Même si les avis d'experts consultaient par l'administration étaient divergents, cela ne suffisait pas à prouver une erreur d'appréciation ou à indiquer une partialité des avis. En effet, "le seul fait que les avis des experts soient divergents" ne démontre pas un vice dans l'analyse administrative.
2. Absence de preuve des travaux : La cour a noté que les documents fournis par la société ne précisaient pas la nature des travaux réalisés. Les factures adressées par la société à ses clients étaient jugées sans lien avec les demandes de crédit d'impôt recherche. Ce constat soulève des questions sur la légitimité des demandes.
3. Condition d'urgence : La cour a également observé que la condition d'urgence n'était pas remplie, citant l'absence de recouvrement contraignant en cours, ce qui aurait pu justifier une mesure immédiate comme la suspension. Cela est indicatif de la nécessité d'évaluer les conséquences financières d'une éventuelle imposition dans le cas de la société.
Interprétations et citations légales
La décision s'est fondée sur les dispositions du Code de justice administrative - Article L. 521-1, qui stipule que : "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision".
Dans son analyse, la cour a mis l'accent sur deux conditions essentielles :
- La nécessité d'un "doute sérieux sur la régularité de la procédure d'imposition ou sur le bien-fondé de l'imposition";
- L'importance d'un état d'urgence suffisant pour justifier la suspension sollicitée.
En conclusion, la cour a souligné que les moyens présentés par la société Ellyte Ingénierie, bien que relevant des enjeux fiscaux importants, ne trouvaient pas écho dans les exigences juridiques requises pour ordonner une suspension de l'imposition.