Résumé de la décision
Mme D... a contesté une ordonnance rendue par le juge des référés du tribunal administratif de Rouen qui refusait d'ordonner une nouvelle expertise concernant les circonstances de son accouchement et les complications qui ont suivi, après une première expertise mandatée par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux. La cour a confirmé cette ordonnance, concluant que la demande d’expertise supplémentaire n'était pas utile, étant donné que les experts précédents avaient déjà examiné les questions pertinentes et que Mme D... n'avait pas fourni d'éléments nouveaux.
Arguments pertinents
Les arguments clés de la décision reposent sur plusieurs considérations juridiques et factuelles :
1. Utilité de l'expertise : La cour rappelle que le juge des référés doit s'interroger sur l'utilité de la mesure d'expertise sollicitée. Elle note que, conformément à l'article R. 532-1 du Code de justice administrative, le juge peut prescrire une expertise "pour toute mesure utile" et doit donc évaluer si la nouvelle expertise apporte un élément nouveau ou utile.
2. Réponses apportées par l'expertise initiale : La cour souligne que les experts engagés par la commission avaient déjà traité les causes de l'accident médical ainsi que ses conséquences. La cour note que le rapport d'expertise ne mentionne pas explicitement le préjudice moral, mais que cela ne diminue pas la pertinence des évaluations effectuées par les experts.
3. Absence d’éléments nouveaux : Mme D... n’a pas fourni d'éléments suffisants pour justifier une nouvelle demande d'expertise, ce qui conduit la cour à conclure que le complément d'expertise ne serait pas utile.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur des interprétations précises des textes légaux :
- Code de justice administrative - Article L. 555-1 : Cet article confère la compétence au président de la cour administrative ou au magistrat désigné pour statuer sur les appels concernant les décisions du juge des référés, mettant ainsi en évidence la nature concurrente des recours en référé.
- Code de justice administrative - Article R. 532-1 : Il spécifie que les mesures d'expertise peuvent être ordonnées "sur simple requête", mais cela implique que ces mesures doivent être motivées par une utilité concrète pour le litige en cours. La cour a appliqué cet article en soutenant qu’une expertise supplémentaire ne serait pas justifiée au regard des éléments déjà disponibles.
En résumé, la cour a jugé que la requête de Mme D... était mal fondée, car elle ne démontrait pas l’utilité d’une nouvelle expertise, étant donné que la première avait déjà fourni des réponses aux questions posées sur ses préjudices. La décision a été motivée par une évaluation attentive des rapports d’expertise antérieurs et le cadre juridique qui régit les demandes en référé.