Résumé de la décision
Le préfet du Nord a introduit un recours contre un jugement du tribunal administratif de Lille qui avait partiellement annulé une décision d'assignation à résidence concernant M.B..., un demandeur d'asile afghan. Ce dernier était sous l'obligation de se présenter deux fois par semaine à un commissariat de police situé à plusieurs kilomètres de son centre d'hébergement, ce qui a été jugé excessif par le tribunal. La cour a confirmé le jugement en faveur de M.B..., rejetant la requête du préfet et considérant que l'obligation de présentation était disproportionnée par rapport aux nécessités de l'exécution de la mesure d'éloignement.
Arguments pertinents
1. Erreur d'appréciation du préfet : La cour a relevé que le préfet avait imposé à M.B... une contrainte de se déplacer à un commissariat éloigné sans justification adéquate. Le rapport indique que "le préfet du Nord a imposé à l'intéressé une contrainte excédant celle qui était strictement nécessaire pour garantir l'exécution de la mesure d'éloignement". Cela reflète une erreur d'appréciation dans la gestion des obligations imposées à M.B....
2. Inexistence d'une contrainte légale : La décision du préfet était contestée sur le fait que le bureau de police le plus proche, bien qu'indiquée comme non habilité, ne le rapportait à aucune preuve ou justification. La cour a relevé que cette allégation manquait de fondement : "le préfet du Nord n'assortit cette allégation d'aucune précision ni d'aucun justificatif", mettant ainsi en lumière l'absence de base solide pour les choix de la préfecture.
Interprétations et citations légales
1. Application de l'article R. 561-2 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Cet article précise que "l'autorité administrative détermine le périmètre dans lequel l'étranger assigné à résidence... est autorisé à circuler". La cour en a déduit que le choix de l'endroit et des conditions de présentation doit être justifié par des circonstances particulières, ce qui, dans le cas présent, n’a pas été fait.
2. Proportionnalité de la mesure : La cour a appliqué le principe de proportionnalité en matière d'assignation à résidence, en insistant sur la nécessité pour l'administration d’imposer des obligations qui ne dépassent pas ce qui est strictement nécessaire à l'exécution de la mesure d'éloignement. Ce principe est également implicite dans la jurisprudence administrative, qui tient compte des droits des individus face aux décisions des autorités.
En résumé, tant le constat d'une imposition d'une contrainte excessive que l'absence de justification adéquate de cette mesure ont conduit la cour à confirmer l'annulation partielle de la décision d'assignation à résidence.