Résumé de la décision
M. B...C..., ressortissant turc, a demandé l'annulation d'un jugement du tribunal administratif d'Amiens, ainsi que l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Oise refusant de lui délivrer un titre de séjour salarié. L'arrêté du préfet, daté du 27 février 2017, lui ordonnait de quitter le territoire français. La Cour a rejeté ses demandes, considérant qu'il ne satisfaisait pas aux conditions requises pour bénéficier des dispositions relatives aux travailleurs turcs en matière de renouvellement de permis de séjour et de travail.
Arguments pertinents
1. Absence de preuve d'une activité professionnelle continue : La Cour a statué que M. C... n'a pas démontré avoir exercé une activité salariée continue de plus de douze mois auprès d'un même employeur. En effet, bien qu'il ait fourni des bulletins de paie pour une période donnée, cela ne prouve pas qu'il ait été employé durant toute la durée requise par la législation.
2. Non-respect des conditions de séjour : M. C... n'était plus titulaire d'un titre de séjour depuis le 14 juillet 2015, ce qui l'a empêché d'occuper régulièrement un emploi. Ce détail est crucial, car la Cour indique que « M. C... ne pouvait bénéficier des dispositions de l'article 6 de la décision du 19 septembre 1980 ».
3. Interprétation des droits liés au travail turc : La décision s'appuie sur l’arrêt de la Cour de justice des Communautés européennes, indiquant que les droits d’un travailleur turc peuvent inclure le renouvellement de son permis de travail, mais seulement si les conditions spécifiques sont remplies, lesquelles M. C... n’a pas respectées.
Interprétations et citations légales
Dans sa décision, la Cour s'appuie sur les dispositions de l'arrêt du 16 décembre 1992 de la Cour de justice des Communautés européennes. La décision rappelle que :
- « un ressortissant turc qui a obtenu un permis de séjour sur le territoire d'un Etat membre et y a travaillé depuis plus d'un an auprès du même employeur [...] a droit au renouvellement de son permis de travail ».
L'arrêté du préfet repose également sur le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont l'article L. 313-11, qui régule les critères d与visionnement des titres de séjour, notamment le droit des travailleurs turcs à renouveler leurs permis.
La Cour conclut, conformément à ces articles, que M. C... n'avait pas respecté les conditions nécessaires et que son recours est rejeté sans que d'autres mesures d'injonction puissent être envisagées :
- « par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction [...] doivent être rejetées ».
Ainsi, la décision dans ce cas illustre l'importance de démontrer la continuité de l'emploi et le respect des titres de séjour en vigueur pour accéder aux droits liés à l'emploi en tant que travailleur étranger en France.