Résumé de la décision
Mme A... a saisi le tribunal administratif de Rouen en contestation d'une décision implicite de rejet relative à sa demande d'octroi d'un avantage spécifique d'ancienneté en raison de son affectation à la circonscription de la sécurité publique de Rouen-Elbeuf. Le tribunal a rejeté sa requête pour tardiveté par une ordonnance du 30 septembre 2016. En appel, la cour a annulé cette ordonnance, considérant que la date indiquée par Mme A... correspondait à la rédaction de sa demande et non à sa réception par l'administration. Toutefois, la cour a également rejeté la demande de Mme A..., affirmant qu'elle n'avait pas prouvé la date de dépôt de sa demande et, par conséquent, la décision implicite de rejet ne pouvait être reconnue comme existante.
Arguments pertinents
1. Tardiveté de la demande : La cour a jugé à tort que la date figurant sur la demande de Mme A... correspondait à celle de la réception par l'administration. Elle a conclu à l'annulation de l’ordonnance en considérant que la date de rédaction était fondamentalement différente de la date de réception.
> "la date du 16 décembre 2015 correspond, non à celle de la réception de sa demande par l'administration, mais à celle où Mme A... a rédigé cette demande sur papier officiel."
2. Irrecevabilité de la demande : En revanche, la cour a retenu que le ministre de l'Intérieur était fondé à opposer l'irrecevabilité de la demande car Mme A... ne pouvait pas prouver la date de remise de sa demande à l'administration.
> "faute pour Mme A... de justifier de la date du dépôt d'une demande auprès de l'administration, sa demande dirigée contre une décision implicite, dont l'existence n'est pas prouvée, est irrecevable."
3. Absence de justification de l'absence d'accusé de réception : Bien que Mme A... ait mentionné une circulaire qui indiquait l'absence d'accusés de réception, la cour a estimé qu'elle aurait dû s'assurer de la preuve de son dépôt par un autre moyen, tel qu'un envoi recommandé.
> "cette circulaire ne faisait pas obstacle à ce que Mme A..., dûment informée de cette situation, se constitue une preuve du dépôt de sa demande notamment en saisissant le service par lettre recommandée avec accusé de réception."
Interprétations et citations légales
La décision implique plusieurs textes de loi, notamment :
- Loi n° 91-715 du 26 juillet 1991 : Cette loi encadre les circonstances dans lesquelles un fonctionnaire peut bénéficier de certains avantages liés à son ancienneté, en précisant les critères d'évaluation de l'ancienneté au regard des affectations.
- Code de justice administrative - Article L. 600-1 : Cet article stipule que les recours doivent respecter les délais définis pour être recevables. En l'espèce, la question de la preuve de la date de demande d’un avantage administratif est centrale pour établir la recevabilité du recours.
La décision permet de souligner l'importance de la preuve dans les contentieux administratifs, ainsi que la nécessité pour les requérants de suivre des procédures strictes lors de la soumission de leur demande, en particulier en ce qui concerne la preuve de dépôt. Elle rappelle que même si des dysfonctionnements administratifs sont évoqués, cela ne saurait dispenser un demandeur de ses obligations de preuve dans le cadre d'un recours.