Résumé de la décision :
Le 22 avril 2020, la cour administrative d'appel de Lyon a statué sur la requête de M. E... L..., Mme A... F..., M. et Mme D..., et Audrey Mongellaz, qui contestaient le jugement du tribunal administratif de Grenoble ayant rejeté leur demande d'annulation d'un arrêté du 3 mars 2017 délivrant un permis de construire à la SEMCODA pour un immeuble de treize logements. Le tribunal a jugé que la décision contestée n'emportait pas légalement annulation, même après la régularisation intervenue par un nouveau permis de construire délivré le 20 décembre 2019. Par conséquent, la requête a été rejetée et les demandes de remboursement de frais ont également été disqualifiées.
Arguments pertinents :
1. Regularisation et Absence de Contestation : La cour a noté que la SEMCODA a respecté les exigences du PLU en émettant un permis de construire modificatif, abaisant la toiture du projet. Les requérants n'ont pas contesté la légalité de ce permis, ce qui a contribué à la décision d'annuler leur demande initiale.
> "Les requérants n’ont pas contesté la légalité de ce permis."
2. Application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : La cour a évoqué cet article en soulignant que, bien que l'arrêté initial ait violé les règles du PLU concernant la hauteur maximale des bâtiments, la régularisation ultérieure a remédié à cette irrégularité.
> "La Cour, faisant application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, a sursis à statuer sur cette requête jusqu'à l'expiration du délai de quatre mois."
3. Frais d'instance : En ce qui concerne les frais, la cour a rejeté les demandes des parties pour le remboursement des frais exposés, arguant que les requérants, étant les perdants, ne pouvaient pas prétendre à cette somme.
> "Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’il soit fait droit aux conclusions des requérants."
Interprétations et citations légales :
1. Article L. 600-5-1 du Code de l'urbanisme : Cet article stipule que lorsqu'un permis de construire a été délivré sans respecter les règlements d'urbanisme, un délai de régularisation peut être accordé pour rectifier les infractions constatées dans le cadre des recours. Ce cadre a permis à la SEMCODA de fournir une mesure corrective par l'octroi d'un nouveau permis.
2. Article L. 761-1 du Code de justice administrative : Cet article traite des frais exposés par les parties au cours de la procédure. Typiquement, il est prévu qu'une partie perdante ne peut pas demander le remboursement des frais qu'elle a engagés, ce qui est corroboré par le rejet des conclusions des requérants et des défendeurs concernant ce paiement.
> "Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Saint-Nicolas-la-Chapelle et la SEMCODA."
Cette décision illustre l’importance de la régularisation dans le droit de l'urbanisme, permettant la poursuite de l'activité de construction malgré un contournement initial des règles.