1. Résumé de la décision
M. D..., un ressortissant algérien, a contesté un arrêté du 14 décembre 2016 émis par le préfet de police de Paris, qui lui imposait de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par une requête enregistrée le 7 mars 2017, il a demandé l'annulation de cet arrêté et du jugement du tribunal administratif de Grenoble qui avait précédemment rejeté sa demande. La cour a confirmé le jugement du tribunal administratif, rejetant la requête de M. D... pour les raisons suivantes : la décision était suffisamment motivée, le préfet avait examiné la situation personnelle de M. D... et le dépôt d'une demande de titre de séjour en cours d’instruction ne faisait pas obstacle à l’éloignement. M. D... n’a pas pu démontrer qu'il remplissait les conditions exigées par l'accord franco-algérien pour obtenir un titre de séjour.
2. Arguments pertinents
La cour a fondé sa décision sur plusieurs arguments juridiques clés :
- Motivation de la décision : La cour a statué que la décision de 2016 énonçait les circonstances de fait et de droit justifiant la mesure, la rendant ainsi suffisamment motivée.
> "La décision du 14 décembre 2016 fait état des circonstances de fait et de droit qui, touchant en particulier à la situation du requérant au regard des prévisions du 1° du I de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui donnent son fondement."
- Examen de la situation personnelle : L'examen de la situation personnelle de M. D... par le préfet a été jugé valable, car les pièces fournies n’étaient pas suffisantes pour justifier une résidence habituelle en France depuis plus de dix ans.
> "Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police de Paris n'aurait pas procédé à un examen de la situation personnelle de l'intéressé avant d'édicter la mesure d'éloignement."
- Dépôt de demande de titre de séjour : La cour a précisé que le simple dépôt d'une demande de titre de séjour ne suspendait pas la capacité de l’autorité à prendre une décision d’éloignement, notamment parce que l'attestation de dépôt fournie ne constituait pas un récépissé valide.
> "Le seul dépôt par ses soins d'une demande de titre de séjour au mois de mai 2016 ne faisait pas obstacle à ce que l'autorité administrative décide son éloignement."
3. Interprétations et citations légales
Plusieurs dispositions législatives ont été interprétées pour soutenir la décision :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 511-1 : Cet article établit les conditions dans lesquelles une obligation de quitter le territoire peut être imposée, et la cour a déterminé que le préfet avait agi conformément aux dispositions de ce code.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article R. 311-2 et Article R. 311-4 : Ces articles précisent les exigences pour présenter une demande de titre de séjour et les implications de la délivrance de récépissés. La cour a souligné que l'absence d'un récépissé valide signifiait que M. D... n'était pas en situation régulière.
> "Il est remis à tout étranger admis à souscrire une demande de première délivrance ou de renouvellement de titre de séjour un récépissé qui autorise la présence de l'intéressé sur le territoire..."
- Accord franco-algérien - Article 6 : Ce texte permet à certains ressortissants algériens de bénéficier d'un certificat de résidence. L'interprétation des conditions par la cour a contribué à conclure que M. D... ne satisfaisait pas à ces conditions.
> "Le certificat de résidence d'un an portant la mention 'vie privée et familiale' est délivré de plein droit : / 1. Au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans..."
Ainsi, la cour a conclu que M. D... ne pouvait pas obtenir gain de cause dans sa contestation de l'arrêté préfectoral, notamment en raison de l'absence de preuves suffisantes concernant sa présence continue en France et de la réglementation en vigueur.