Résumé de la décision
La SARL Distrimmo conteste un jugement du tribunal administratif de Grenoble du 8 février 2016, qui a rejeté sa demande de décharge des impositions résultant de l'établissement de factures fictives. Lors d'une vérification comptable en 2007, l'administration fiscale avait constaté que ces factures n correspondaient à aucune prestation réelle, entraînant des rappels de TVA et des rehaussements d'impôt sur les sociétés. La cour a rejeté la requête de Distrimmo, confirmant que la société ne pouvait pas nier l'impact fiscal des factures fictives et que l'administration avait légitimement réintégré ces montants dans ses résultats.
Arguments pertinents
1. Caractère fictif des factures : La cour a noté que la SARL Distrimmo ne conteste pas le caractère fictif des factures qui avaient pour effet de minorer son imposition. Le juge a affirmé : "Dès lors que la comptabilisation de ces factures comme charges a eu pour effet de minorer le résultat imposable à l'impôt sur les sociétés...".
2. Responsabilité de la société : La cour a également pointé que la société est responsable de sa comptabilité, même si le gérant n'était pas au courant des factures. La cour a précisé qu'elle ne pouvait pas se décharger de sa responsabilité en invoquant l'absence de connaissance de son gérant. La décision mentionne : "Celle-ci ne peut utilement soutenir qu'elle n'avait aucun intérêt financier et fiscal à faire établir ces factures".
3. Justification des charges : En vertu du principe selon lequel les charges doivent être justifiées, la cour a évoqué l'article 39 du code général des impôts qui implique que les charges doivent être réelles et exposées dans l'intérêt de la société.
Interprétations et citations légales
Les textes de loi appliqués dans cette décision sont principalement basés sur :
- Code général des impôts - Article 39 : Cet article prévoit que le bénéfice net d'une société est établi sous déduction de toutes charges qui doivent être justifiées. La cour a affirmé : "Il appartient à la société de justifier que les charges déduites du bénéfice net sont réelles, ont été exposées dans l'intérêt de la société et sont justifiées dans leur montant".
- Cet Article 1737 : Relatif aux pénalités en cas de frauduleuse comptabilité, renvoyant à la sanction de 50 % appliquée par l'administration. Cela souligne la sévérité de la loi face aux factures fictives et la nécessité pour les sociétés d'assurer une comptabilité loyale.
En conséquence, la cour a mis en avant la responsabilité incombant à la SARL Distrimmo de veiller à la véracité de ses écrits comptables et l'impact négatif que peuvent avoir des éléments trompeurs sur le calcul de ses impôts.