Résumé de la décision
M. E..., agent titulaire de la commune de Saint-Etienne, a contesté un jugement du tribunal administratif de Lyon qui avait rejeté sa demande d'annulation d'un arrêté du 24 novembre 2017 lui infligeant une sanction d'exclusion temporaire de fonctions de deux jours, suite à son refus d'exécuter une instruction de service pendant une grève. La cour administrative a confirmé la légitimité de la sanction, estimant que M. E... n'était pas justifié à refuser d'obéir à une instruction, même si celle-ci était contestée comme illégale.Arguments pertinents
1. Obligation d'obéissance : La décision souligne que M. E... avait l'obligation de se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf en cas d'ordre manifestement illégal susceptible de compromettre un intérêt public. La cour a affirmé que "la consigne donnée à M. E..., même illégale, n'étant pas de nature à compromettre gravement un intérêt public", son refus était constitutif d'un manquement à son obligation d'obéissance.2. Légalité de la sanction : L'annulation de l'arrêté du maire du 5 septembre 2017 par la cour d'appel ne remet pas en cause la légitimité de la sanction, car celle-ci a été fondée sur le refus d’exécuter l'instruction, et non sur l'exécution de cet arrêté. La cour a conclu que "M. E... ne pouvait se soustraire à son obligation d'obéissance" dans les circonstances évoquées.
Interprétations et citations légales
1. Loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 - Article 28 : Il stipule que "tout fonctionnaire [...] doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l'ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public". La décision fait ressortir que la condition de l'illégalité manifeste et de l'atteinte à un intérêt public gravement compromis n'était pas remplie, validant ainsi la sanction.2. Loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 - Article 29 : Énonce que "toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire". En appliquant cet article, la cour a reconnu le refus d'obéir à une instruction comme une faute justifiant la sanction disciplinaire.
3. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cette disposition interdit de faire supporter à une partie perdante les frais non compris dans les dépens lorsqu'elle n'est pas la partie perdante. Dans ce cas, la commune de Saint-Etienne, n'étant pas la partie perdante, se voit attribuer 500 euros pour les frais exposés, validant ainsi le recours à cet article pour attribuer des frais à M. E....
En conclusion, la cour a affirmé la légitimité de la sanction infligée à M. E..., en se basant sur des principes bien établis du droit administratif relatifs à l'obligation d'obéissance des fonctionnaires et à leur responsabilité en cas de faute dans l'exercice de leurs fonctions.