Résumé de la décision
M.B..., de nationalité sénégalaise, a interjeté appel d'un jugement du tribunal administratif de Grenoble qui, le 23 juillet 2015, avait rejeté sa demande visant à annuler une décision du préfet de la Haute-Savoie l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai d'un mois. M.B... soutenait sa requête en invoquant son intégration en France, sa relation avec une compatriote et la naissance de leur enfant en février 2015. Toutefois, la Cour a confirmé que la décision du préfet ne portait pas atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie familiale, considérant que sa situation personnelle pouvait se poursuivre hors de France.
Arguments pertinents
1. Contexte familial et d'intégration : La Cour reconnaît la relation maritale de M.B... et la naissance de son enfant. Cependant, elle note que cette situation est récente et qu'il n'est pas prouvé qu'une séparation serait insupportable ou impossible dans son pays d'origine. La Cour affirme que "cette situation était encore récente" et que M.B... pourrait poursuivre ses liens familiaux en dehors de France.
2. Situation administrative : La Cour souligne que M.B... a séjourné en France au-delà de la validité de son visa sans chercher à régulariser sa situation. Elle rappelle que "s'il s'est maintenu en France au-delà de la durée de validité de son visa", cela affaiblit ses arguments concernant son droit au respect de la vie familiale.
3. Attaches familiales : La Cour rappelle que M.B... n’est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, ayant vécu là-bas jusqu'à l'âge de trente-trois ans, ce qui, selon elle, contribue à la légitimité de la décision du préfet.
Interprétations et citations légales
La décision a été principalement fondée sur l'interprétation de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui protège le droit au respect de la vie privée et familiale. La Cour a jugé que la mesure d'expulsion ne constituait pas une atteinte disproportionnée à ce droit, considérant notamment :
- Article 8 de la CEDH : "Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance". Dans cette décision, la Cour souligne que cette protection ne garantit pas un droit au séjour en France lorsque des raisons impérieuses justifient une expulsion, notamment pour des raisons de séjour irrégulier.
Le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ne fait pas l'objet de citations directes dans la décision, mais il est sous-jacent à l'argumentaire concernant la légalité du séjour de M.B... et les conditions de son expulsion.
En conclusion, la décision de la Cour s’appuie sur l’ensemble des circonstances personnelles de M.B..., mais conclut que celles-ci ne justifient pas de manière suffisante de renverser la décision administrative du préfet.