Résumé de la décision
M. A... B..., un ressortissant bangladais, a contesté l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) et la décision de renvoi prise par le préfet de Haute-Savoie après son interpellation le 26 janvier 2021. L'obligation de quitter le territoire avait été justifiée par son statut irrégulier et des décisions antérieures de refus de droit d'asile. Le tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande d'annulation de ces décisions par jugement en date du 2 février 2021. M. B... a interjeté appel de ce jugement.
La cour a confirmé la légalité de l'OQTF et de la décision de renvoi, en considérant qu'il n'existait pas d'atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale et que les risques de persécution au Bangladesh ne sont pas établis, conduisant au rejet de l'intégralité de son appel.
Arguments pertinents
1. Sur la légalité de l'OQTF :
- M. B... soutenait que la décision méconnaît l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, en argumentant que son séjour en France était justifié par ses attaches familiales. La cour a jugé que "les circonstances qu'il ait travaillé et obtenu un contrat à durée indéterminée ne suffisent pas à faire regarder la décision litigieuse comme portant au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la convention."
- La cour a également écarté le moyen de l'erreur manifeste d'appréciation concernant ses attaches familiales, en confirmant que "pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision litigieuse sur la situation personnelle de M. B... ne peut qu'être écarté."
2. Sur la légalité de la décision de renvoi :
- Concernant l'article 3 de la Convention, M. B... alléguait des risques de persécution en raison de sa confession bouddhiste. Toutefois, la cour a noté qu'il n'apportait "pas plus en appel qu'en première instance d'élément permettant d'établir la réalité et l'actualité des risques de persécution." Ainsi, le moyen de méconnaissance de l'article 3 a été également rejeté.
Interprétations et citations légales
1. Article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme :
- Cet article garantit le droit au respect de la vie privée et familiale. Cependant, la cour a interprété qu'une ingérence dans ce droit par une décision d'OQTF doit seulement être proportionnée et justifiée par des raisons d'ordre public ou de sécurité.
- La cour a indiqué que M. B... "n'est pas dépourvu d'attaches familiales au Bangladesh", soulignant que ses parents et frères y résident, ce qui atténue le caractère d'atteinte à sa vie familiale.
2. Article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme :
- Cet article interdit la torture et les traitements inhumains. La cour a précisé que des allégations de persécution doivent être accompagnées de preuves suffisantes, ce qui n'a pas été le cas ici. La décision a été fondée sur des considérations claires de la jurisprudence liée à la nécessité de démontrer la pertinence et l'actualité des risques allégués.
3. Code de justice administrative - Article L. 761-1 :
- Cet article concerne la possibilité pour les parties de demander la prise en charge de leurs frais d'avocat par l'État. Dans ce cas, les demandes de M. B... pour l'application de cet article ont été rejetées en raison de sa requête jugée sans fondement suffisant.
La décision de la cour s'inscrit dans une interprétation stricte des droits garantis par les conventions internationales et le cadre juridique français, mettant en avant la nécessité de preuves tangibles pour les allégations d’atteintes aux droits.