Résumé de la décision :
La Cour administrative d’appel de Marseille a rejeté la requête de M. A..., qui contestait le jugement du tribunal administratif de Toulon. Ce jugement avait validé la délibération du conseil municipal de Saint-Cyr-sur-Mer, classant les parcelles cadastrées sections CW n° 21 et 23 en zone agricole. M. A... argumentait que ce classement était incompatible avec le schéma de cohérence territoriale et incohérent avec les objectifs de développement durable du plan local d'urbanisme. Toutefois, la Cour a confirmé que le classement en zone agricole était justifié, tenant compte de la protection des terres agricoles et du rôle de l'agriculture dans la commune.
Arguments pertinents :
1. Motivation du jugement : La Cour a observé que les premiers juges avaient suffisamment motivé leur décision en écartant les arguments selon lesquels le classement était incompatible avec la cohérence territoriale. Elle souligne que M. A... ne pouvait pas revendiquer une urbanisation sans que cela ne remette en cause le jugement précédent.
Citation pertinente : "En premier lieu, eu égard à la motivation suffisante... les premiers juges... n’ont pas dénaturé les moyens soulevés par M. A..."
2. Appréciation du zonage : La Cour rappelle que les auteurs du plan local d'urbanisme disposent d'une large marge d’appréciation pour définir le zonage et les aménagements correspondants. La classification ne peut être annulée que s'il existe une erreur manifeste.
Citation pertinente : "Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d’aménagement à retenir... Leur appréciation... ne peut être censurée par le juge administratif qu’au cas où elle serait entachée d’une erreur manifeste..."
3. Protection des terres agricoles : La Cour a confirmé que les parcelles en question étant couvertes de vignes et faisant partie d’une appellation d'origine contrôlée justifiaient leur classement en zone agricole, en harmonie avec les objectifs de préservation des activités viticoles.
Citation pertinente : "Ces parcelles... font partie d'un espace homogène, essentiellement composé des terres cultivées... en cohérence avec les orientations du projet d'aménagement et de développement durables... de protéger l'activité viticole."
Interprétations et citations légales :
1. Le cadre légal du zonage agricole : L’article R. 151-22 du Code de l'urbanisme stipule que les terres peuvent être classées en zone agricole pour protéger leur potentiel agronomique. Ce cadre législatif permet aux collectivités de justifier la préservation des terres agricoles en vue des enjeux d'aménagement du territoire.
Citation légale : "Les zones agricoles sont dites 'zones A'. Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune... à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles." (Code de l’urbanisme - Article R. 151-22)
2. Critère d’erreur manifeste d’appréciation : La notion d'erreur manifeste d’appréciation est essentielle dans les litiges relatifs au zonage et à l'urbanisme, comme l'illustre la décision. Cela signifie que les décisions des autorités de planification doivent non seulement être justifiées, mais également proportionnées et en adéquation avec les réalités locales.
Citation légale : "Il appartient aux auteurs... de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction... leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée... qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste..." (Code de la justice administrative - Article R. 222-1)
En résumé, la décision valide le pouvoir discrétionnaire des autorités locales dans l'urbanisme tout en garantissant la protection des terres agricoles conformément aux lois en vigueur sur le zonage.