Résumé de la décision
Mme C..., de nationalité marocaine, a introduit une requête visant à obtenir un sursis à l'exécution d'un jugement du tribunal administratif de Marseille daté du 17 mai 2016, qui rejetait ses demandes concernant son séjour en France. Elle a sollicité une autorisation provisoire de séjour et de travail, ainsi que le remboursement de frais juridiques. La Cour a rejeté cette requête, considérant que le jugement attaqué ne pouvait entraîner aucune mesure d'exécution susceptible d'être suspendue et que la requérante n'établissait pas que son éloignement entraînerait des conséquences difficilement réparables.
Arguments pertinents
Les principaux arguments de la décision peuvent être synthétisés comme suit :
1. Irrecevabilité du sursis à exécution : Le tribunal a jugé que le rejet du refus de titre de séjour ne pouvait pas faire l'objet d'un sursis selon les dispositions de l'article R. 811-17 du code de justice administrative. En effet, le jugement attaqué n’entraîne pas de mesure d’exécution qui justifierait un sursis et, par conséquent, les conclusions à cet égard étaient irrecevables.
> "En tant qu'il rejette les conclusions de Mme C... ... le jugement du tribunal administratif ... ne peut entraîner aucune mesure d'exécution susceptible de faire l'objet du sursis prévu à l'article R. 811-17."
2. Absence de preuves de détresse personnelle : La requérante n'a pas réussi à établir une situation la rendant particulièrement vulnérable face à un éventuel éloignement. Ses documents ne prouvant pas un séjour habituel en France, ainsi que l'absence d'attaches familiales en France, ont conduit la Cour à conclure qu'elle ne subirait pas de préjudice irréparable.
> "La requérante n'établit pas que l'éventuelle exécution forcée de la décision d'éloignement ... risquerait d'entraîner pour elle des conséquences difficilement réparables."
Interprétations et citations légales
La décision fait principalement référence à plusieurs articles du code de justice administrative. Voici un aperçu de leurs implications :
- Code de justice administrative - Article R. 811-14 : Cet article stipule que le recours en appel n'a pas d'effet suspensif sauf disposition contraire du juge d'appel. Cela souligne la nécessité d’une autorisation spécifique pour suspendre l'exécution d’un jugement.
> "Sauf dispositions particulières, le recours en appel n'a pas d'effet suspensif... "
- Code de justice administrative - Article R. 811-17 : Cet article prévoit que la suspension peut être accordée si l'exécution de la décision peut entraîner des conséquences irréparables et si les moyens de contestation sont jugés sérieux. Dans cette décision, le juge a décidé que ni l'une ni l'autre de ces conditions n'étaient réunies.
> "Le sursis peut être ordonné à la demande du requérant si l'exécution de la décision... risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens ...paraissent sérieux."
- Code de justice administrative - Article R. 222-1 : Ce texte permet au président des formations de jugement de rejeter par ordonnance les demandes de sursis, ce qui a été appliqué dans le cas présent.
> "Les présidents des formations de jugement des cours peuvent ... par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution..."
En somme, la décision de la Cour repose sur une application stricte des textes réglementaires en matière de sursis à exécution, soulignant l'importance de prouver à la fois l'urgence et la gravité des conséquences d'un éloignement, ce qui n'était pas le cas pour Mme C....