Résumé de la décision
M. C..., ressortissant arménien, a sollicité l'annulation d'un jugement du tribunal administratif de Marseille qui avait rejeté sa demande d'annulation d'un arrêté préfectoral du 22 janvier 2018. Cet arrêté refusait de changer son statut de salarié à celui d'entrepreneur professionnel libéral, sur le fondement de l'article L. 313-10 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et l'obligeait à quitter le territoire français. La Cour, après avoir examiné les faits et arguments, a rejeté la requête de M. C..., confirmant la légalité de l'arrêté et du jugement contesté.
Arguments pertinents
1. Salubrité Economique : M. C... avançait que son activité de maçonnerie était économiquement viable. Cependant, il n’apporta pas de preuves suffisantes pour soutenir son affirmation. La Cour a souligné qu'il ne justifiait pas la viabilité de son entreprise, se limitant à des contrats et des factures peu significatives. La décision du préfet était donc fondée sur la méfiance à l'égard de la viabilité économique de l'entreprise, comme le prouve l'avis défavorable émis par la DIRECCTE.
> Citation pertinente : « M. C... ne démontre pas la viabilité de son activité économique en se bornant à se prévaloir de contrats de sous-traitance [...] »
2. Protection de la vie privée et familiale : M. C... a également soutenu que l'arrêté portait atteinte à sa vie privée et familiale en vertu de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme. Toutefois, la Cour a validé les raisons expliquant que cette atteinte n’était pas disproportionnée par rapport à l’objectif de régulation de l’immigration.
> Citation pertinente : « le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L.313-11 7° [...] ainsi que de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. »
3. Erreur manifeste d'appréciation : Le requérant a soutenu l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation dans la décision du préfet. La Cour a considéré qu'aucun élément n'étayait cette assertion, affirmant que le refus était justifié par la situation économique du demandeur.
> Citation pertinente : « eu égard aux conditions de séjour en France du requérant, le moyen tiré de l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté. »
Interprétations et citations légales
1. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-10 3° : Cet article stipule que la carte de séjour temporaire peut être délivrée sur la base de l'exercice d’une activité non salariée économiquement viable. La Cour a jugé que M. C... n'avait pas prouvé la viabilité de son projet entrepreneurial selon les exigences de cet article.
2. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-11 7° : Cet article, tout comme les dispositions de la convention européenne sur le respect de la vie privée et familiale, a été utilisé pour examiner la proportionnalité de la mesure de refus de titre de séjour, confirmant les conclusions des juges du premier degré.
3. Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales - Article 8 : Cet article protège le droit au respect de la vie privée et familiale. La Cour a déterminé que, dans le contexte de la régulation de l'immigration, les restrictions appliquées dans ce cas se justifiaient pleinement, étant proportionnées à l’objectif légitime poursuivi.
Cette décision montre ainsi comment le droit administratif français évalue les demandes de titre de séjour en tenant compte à la fois des conditions économiques des demandeurs et des impératifs de contrôle de l'immigration.