Résumé de la décision
La SARL "Coralia" a déposé une requête devant la Cour pour annuler un jugement du tribunal administratif de Marseille qui avait annulé un permis de construire délivré par le maire de Pélissanne. Ce permis visait à régulariser des travaux non autorisés consistant en l'aménagement de locaux commerciaux et de logements dans un bâtiment partiellement situé en zone rouge, où le risque d'inondation est élevé. La Cour a rejeté la requête de "Coralia", confirmant l'annulation du permis de construire, en raison d'une augmentation du nombre de logements et de personnes exposes aux risques d'inondation.
Arguments pertinents
Les principaux arguments développés par la Cour s'articulent autour des points suivants :
1. Nature du permis de construire : La Cour précise que le permis en litige ne peut pas être qualifié de modificatif puisqu'il vise à régulariser des travaux achevés sans autorisation. Ainsi, l'argument selon lequel le projet ne constitue qu'une simple modification des constructions existantes est invalidé :
> "le permis de construire en litige, qui a pour objet de régulariser les travaux de construction en cause, ne saurait être qualifié de permis de construire modificatif".
2. Application des réglementations : La Cour a examiné les réglementations en matière d'occupation des sols et de prévention des risques d'inondation, concluant que la combinaison des zones d'exposition au risque au sein du bâtiment impose l'application des règles les plus restrictives à l'ensemble :
> "la réglementation relative à cette zone doit s'appliquer à la totalité du bâtiment en litige".
3. Augmentation des risques d'inondation : Les travaux entraînent une augmentation du nombre de logements, ce qui est incompatible avec les réglementations locales qui visent à limiter l'exposition de la population aux risques naturels :
> "les travaux dont la régularisation est demandée... conduisent, notamment, à une augmentation du nombre de logements et du nombre de personnes exposées aux risques d'inondation".
Interprétations et citations légales
Dans sa décision, la Cour a interprété divers articles de lois, comme suit :
- Code de l'urbanisme - Articles ND 1 et ND 2 : Ces articles précisent que les aménagements dans les zones à risque ne doivent pas conduire à une augmentation de la population exposée. La Cour souligne que le projet de la SARL "Coralia", à travers l'ajout de nouveaux logements, enfreint ces articles en augmentant le risque :
> "[...] les travaux d'entretien et de gestion courants, 'les aménagements de constructions existantes ne conduisant pas à une augmentation des risques de la population exposée'”.
- Plan de prévention des risques naturels - Article II-A : Cet article interdit l’augmentation du nombre de logements dans certains secteurs. La décision de la Cour indique que l'emplacement du bâtiment dans des zones à risques en interdit la modification :
> "l'augmentation du nombre de logements par aménagement ou rénovation et le changement de destination conduisant à augmenter la population exposée."
En somme, la décision repose sur une interprétation stricte des normes d'urbanisme et de prévention des risques, intégrant le contexte spécifique de la situation géographique des locaux concernés.