Résumé de la décision
La Cour administrative d'appel a été saisie d'une requête formée par M. C..., un ressortissant algérien, visant à annuler un jugement du tribunal administratif de Marseille du 6 mai 2015 et un arrêté du préfet des Bouches-du-Rhône du 19 janvier 2015, qui lui imposait une obligation de quitter le territoire français. M. C... concède qu'il a un état de santé nécessitant une prise en charge médicale et argue que sa situation contrevient à l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, notamment en ce qu'il est arrivé en France avec un visa mineur et que sa mère possède un certificat de résidence. La Cour rejette la requête, concluant que les arguments présentés ne justifient pas l'annulation de l'arrêté préfectoral.
Arguments pertinents
La décision repose sur plusieurs points de droit :
1. État de santé : La Cour considère que M. C... n'a pas apporté de nouvelles preuves médicales pour justifier son appel; elle adopte ainsi les motifs du tribunal administratif concernant l'état de santé de l'intéressé, indiquant que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 6 de l'Accord franco-algérien n'est pas fondé. La Cour mentionne le fait qu'il n'est pas fondé à affirmer qu'une prise en charge médicale était indispensable.
2. Couverture des droits familiaux et conditions de vie : Les arguments de M. C... relatifs à ses attaches familiales en France et à la situation de sa mère titulaire d'un certificat de résidence en France sont également rejetés. La Cour souligne qu'aucune preuve additionnelle n'infirme ce qui a été déjà statué par le tribunal administratif.
3. Ineffectivité de l'injonction : Dans le cadre des conclusions à fins d'injonction et de condamnation, la Cour note que celles-ci sont aussi rejetées, considérant que M. C... ne peut pas revendiquer des droits découlant de ses liens familiaux en l'absence de justifications solides apportées.
Interprétations et citations légales
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Interprétations des textes de loi
- Article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme : Cet article stipule le droit au respect de la vie privée et familiale. Néanmoins, la Cour interprète cet article dans le cadre du nécessaire équilibre entre les droits individuels et la légitime prérogative de l'État à contrôler l'immigration et l'entrée sur son territoire.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 511-4, relatif aux conditions d'admission des étrangers sur le territoire français, précise que des considérations de santé doivent être étayées par des preuves tangibles. La Cour souligne que M. C... n'a pas présenté d'éléments nouveaux tendant à démontrer qu'une expulsion serait disproportionnée en raison de son état de santé.
- Accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : M. C... invoque cet accord pour faire valoir ses droits. La Cour rappelle que les dispositions qui en découlent ne protègent pas de façon absolue les demandes de titre de séjour fondées uniquement sur des circonstances personnelles, sans preuves solides.
En somme, la décision met en lumière le besoin d'une preuve substantielle pour fonder une demande de titre de séjour sur des bases d'état de santé, ainsi que l'interaction entre le droit à la vie familiale et le droit des États de réguler l'immigration.