Résumé de la décision
La SARL SGA, propriétaire d'une parcelle cadastrée section IS n° 2 à Aix-en-Provence, a contesté la délibération du 23 juillet 2015 qui classait cette parcelle en zone agricole. Le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande par jugement du 14 septembre 2017. La SARL SGA a alors interjeté appel de ce jugement, arguant que le classement en zone agricole était entaché d'une erreur manifeste d'appréciation. La Cour a confirmé le rejet de la requête, considérant que la délibération n'était pas illégale et a condamné la SARL SGA à verser 1 500 euros en frais d'instance à la métropole Aix-Marseille-Provence.
Arguments pertinents
1. Sur l'appréciation des auteurs du plan local d'urbanisme (PLU) : La décision stipule que seuls les cas d'erreur manifeste d'appréciation ou de faits matériellement inexacts peuvent conduire à la censure de l'action des auteurs d'un PLU. "Il appartiendra aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir".
2. Sur la classification en zone agricole : La Cour a noté que bien que la parcelle soit en friche et argileuse, cela ne prouve pas que la parcelle ne puisse pas être affectée à l'agriculture. L'argument selon lequel le potentiel agronomique de la parcelle ne justifiait pas sa classification en zone agricole a été écarté, soulignant que la parcelle se situe dans une plaine "qui bénéficie, ainsi que le rappelle le tome 2 du rapport de présentation, d'une bonne fertilité, propice aux cultures légumières et céréalières."
3. Sur les frais de justice : La décision a également précisé que "les dispositions de cet article font obstacle à ce que soit mise à la charge de la métropole Aix-Marseille-Provence et de la commune d'Aix-en-Provence, qui ne sont pas partie perdante au litige, la somme que demande la requérante".
Interprétations et citations légales
L'analyse de cette décision repose sur plusieurs dispositions légales.
1. Code de l'urbanisme - Article R. 123-7 : Cet article stipule que "Les zones agricoles sont dites 'zones A'. Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles". Ce texte encadre donc le pouvoir des communes en matière de zonage et justifie le classement en zone agricole en raison du potentiel agronomique.
2. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article dispose que "les frais exposés par une partie pour l'instance et non compris dans les dépens peuvent être mis à la charge de la partie perdante". Ici, la cour a appliqué cet article en condamnant la SARL SGA à verser des frais, tout en précisant que la métropole et la commune n'étaient pas perdantes.
L'interprétation de ces textes, combinée à l'appréciation des faits concrets concernant la parcelle, a conduit la Cour à soutenir que le classement en zone agricole était justifié et n'était pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.