Résumé de la décision :
Le tribunal administratif de Marseille a condamné l'Assistance publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM) à verser des sommes à M. A..., à la caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône et à la métropole d'Aix-Marseille-Provence suite à une infection nosocomiale. En appel, l'AP-HM conteste uniquement le remboursement des sommes dues à la métropole, soutenant que l'absence de reprise de travail de M. A... était due à un accident de travail antérieur. La Cour a conclu que l'infection nosocomiale n'avait pas prolongé la situation dans laquelle M. A... se trouvait déjà et a annulé la condamnation de l'AP-HM à rembourser la métropole.
Arguments pertinents :
1. Responsabilité de l'AP-HM :
La cour a confirmé que l'infection contractée par M. A... lors de son intervention chirurgicale en octobre 2012 était de nature nosocomiale, engageant ainsi la responsabilité de l'AP-HM.
2. Absence de reprise de travail :
En dépit de la constatation que l'infection a empêché M. A... de reprendre son travail jusqu'à la date de consolidation des séquelles (31 mars 2013), la cour a établi que M. A... n'avait pas repris son activité professionnelle depuis son accident initial en octobre 2010. Cet état a conduit la cour à conclure que l'AP-HM ne pouvait pas être condamnée à rembourser les traitements et charges étant donné que M. A... était continuellement en arrêt de travail.
3. Annulation de la décision précédente :
La cour a ainsi annulé l'article 3 du jugement du tribunal administratif et a rejeté les demandes de la métropole d'Aix-Marseille-Provence.
Interprétations et citations légales :
1. Ordonnance n° 59-76 du 7 janvier 1959 :
Selon l'article 1er de cette ordonnance, l'AP-HM est tenue de rembourser les frais engagés par un tiers si la responsabilité de l’établissement public est engagée suite aux conséquences d'un acte médical. L'article stipule explicitement que les collectivités territoriales peuvent demander réparation en cas d’infection nosocomiale.
2. Loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 :
Cette loi établit les principes de responsabilité des employeurs publics, tel que la métropole dans cette affaire. L'article 57 concernant la fonction publique territoriale réaffirme le droit de l'employeur à obtenir remboursement pour les situations de remboursement des salaires versés aux fonctionnaires en arrêt dû à des causes indépendantes de leur volonté.
3. Conclusion de la cour :
En s'appuyant sur le fait que M. A... n'a pas repris son activité depuis l'accident de 2010, la cour a soutenu que même si l'infection nosocomiale avait eu un impact, c'était l'accident de travail antérieur qui explique l'arrêt de travail prolongé. La décision a été fondée sur le principe selon lequel "si un salarié est en arrêt pour des raisons qui ne sont pas exclusivement dues à un cas particulier de maladie, l'employeur ne saurait en demander remboursement" (arrêt 18MA01744).
Cela souligne l’importance d’examiner l’ensemble du contexte de la relation professionnelle dans le cadre des arrêts de travail pour attribuer la responsabilité durablement.