Résumé de la décision
M. et Mme C... ont contesté un jugement du tribunal administratif de Marseille qui rejetait leur demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contributions sociales et de pénalités fiscales pour les années 2007 et 2008. Ces impositions étaient basées sur des revenus considérés comme distribués par la société SARL YIL 1, dont M. C... était le gérant. La Cour a confirmé le jugement du tribunal administratif, jugeant que les arguments des contribuables n'étaient pas fondés et que les procédures d'imposition avaient été correctement appliquées.
Arguments pertinents
1. Indépendance des procédures : La cour a affirmé que les irrégularités allant éventuellement se rapporter à la vérification de la comptabilité de la SARL YIL 1 n'affectaient pas la légalité des impositions à l'encontre de M. et Mme C..., s'appuyant sur le principe d'indépendance des procédures entre une société et son gérant. La cour a noté : « ... les irrégularités, à les supposer établies, de la vérification de comptabilité de la SARL YIL 1 sont sans incidence sur le bien-fondé des impositions assignées à M. et Mme C... ».
2. Notification de la proposition de rectification : La cour a constaté que la notification de la proposition de rectification avait été effectuée correctement, comme le prouve l'accusé de réception du courrier, lequel indiquait que les contribuables avaient été informés de la présentation de ce pli. Le tribunal a conclu que ces mentions « constituent la preuve de la notification du pli au domicile des contribuables ».
3. Preuve des revenus distribués : Concernant les revenus des années 2007 et 2008, la Cour a relevé que les arguments de M. et Mme C... n'étaient pas probants pour démontrer que les montants de leurs comptes courants d'associés n'étaient pas des sommes mises à leur disposition, en réaffirmant que les soldes débiteurs de ces comptes doivent être considérés comme des revenus distribués, sauf preuve du contraire : « les montants des soldes débiteurs des comptes courants ouverts dans les écritures d'une société au nom de ses associés, actionnaires ou porteurs de parts ».
4. Application des pénalités : La Cour a validé l'application des pénalités pour manquement délibéré en vertu de l'article 1729 du code général des impôts, en soutenant que les omissions répétées par M. et Mme C... ont établi leur caractère délibéré : « du fait de la répétition des omissions, de leur nature et de leur ampleur, l'administration fiscale établit leur caractère délibéré ».
Interprétations et citations légales
1. Indépendance des procédures : Cette décision illustre l'indépendance qui prévaut entre les procédures fiscales administrées vis-à-vis d'une société et celles relatives aux membres associés. Cette distinction vise à assurer que l'irrégularité d'une procédure à l'égard d'une entité ne se propage pas automatiquement aux associés.
2. Article 111 du Code Général des Impôts : La Cour s'est appuyée sur l'article 111 du code général des impôts pour définir ce qui est considéré comme des revenus distribués, notamment que : « Sont notamment considérés comme revenus distribués : / a. Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes ».
3. Article 109 du Code Général des Impôts : Pour l'année 2008, la Cour a interprété l'article 109 qui stipule que « toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices sont considérées comme des revenus distribués », illustrant ainsi que les montants inscrits aux comptes courants sont présumés être des revenus imposables.
4. Article 1729 du Code Général des Impôts : Concernant les pénalités, la cour a invoqué l'article 1729 qui prévoit que « les inexactitudes ou omissions... entraînent l'application d'une majoration de 40 % en cas de manquement délibéré », justifiant ainsi la légitimité des pénalités imposées en raison des manquements constatés chez les contribuables.
Ces interprétations mettent en lumière l'importance cruciale de la preuve applicable dans les litiges fiscaux, démontrant que le fardeau de la preuve incom