Résumé de la décision :
M. B..., ressortissant algérien, a saisi la Cour d’appel pour contester le jugement du tribunal administratif de Bastia du 18 avril 2019 qui avait rejeté sa demande d’annulation de l’arrêté préfectoral du 17 janvier 2019. Cet arrêté refusait la délivrance d’un titre de séjour à M. B... et ordonnait son expulsion vers l’Algérie. La Cour a confirmé le jugement du tribunal administratif, concluant que M. B... ne prouvait pas sa résidence habituelle en France depuis plus de dix ans et donc n’était pas éligible à la délivrance d'un certificat de résidence.
Arguments pertinents :
1. Non-respect de l’accord franco-algérien : M. B... soutenait que le refus de séjour méconnaissait l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, qui stipule qu'un certificat de résidence doit être délivré de plein droit aux ressortissants algériens justifiant d'une résidence en France depuis plus de dix ans. Cependant, le tribunal a jugé que les éléments de preuve fournis par M. B... n'étaient pas suffisants pour établir une résidence continue depuis juillet 2003.
> "Les documents qu'il verse au dossier sont insuffisamment probants et diversifiés pour établir la réalité de cette allégation."
2. Absence d’attaches familiales : M. B... ne présentait pas d’attaches familiales en France, malgré ses origines algériennes. Le tribunal a également noté qu'il ne justifiait pas d'une situation professionnelle stable. En l'absence de tels éléments, la décision de refus de séjour ne pouvait être considérée comme entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son expulsion.
> "Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il justifierait d'une insertion professionnelle."
Interprétations et citations légales :
1. Article 6 de l'accord franco-algérien : La Cour a appliqué cet article qui précise les conditions d'obtention d'un certificat de résidence par les ressortissants algériens. La condition de "résidence habituelle depuis plus de dix ans" est interprétée strictement, nécessitant des preuves solides sur la continuité de la résidence.
> "Le certificat de résidence d'un an portant la mention 'vie privée et familiale' est délivré de plein droit : / 1. Au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans."
2. Erreur manifeste d'appréciation : Concernant la notion d’erreur manifeste d’appréciation, la Cour a souligné que le pouvoir d'appréciation des autorités administratives est large, et elles peuvent prendre en compte l'ensemble de la situation personnelle du requérant, y compris ses liens familiaux et professionnels.
> "Eu égard à l'ensemble de ces éléments, M. B... n'est pas fondé à soutenir que la décision de refus de séjour serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle."
Ces interprétations montrent que la Cour a maintenu une approche rigoureuse dans l'évaluation des critères d’admissibilité à la délivrance d’un titre de séjour, conformément aux dispositions légales pertinentes.