Résumé de la décision
Le 28 juillet 2020, le tribunal administratif de Bastia a rejeté la demande de la SARL Capo di Castellu visant à l'annulation d'un arrêté du maire de Sari-Solenzara ayant refusé de délivrer un permis d'aménager un lotissement sur un terrain spécifique. En appel, la SARL conteste ce jugement en soutenant plusieurs irrégularités dans la procédure administrative et en remettant en question les fondements de la décision refusant le permis. Toutefois, la cour d'appel a jugé que la demande de la société n'était pas fondée et a confirmé le rejet du tribunal administratif.
Arguments pertinents
1. Acquiescement aux faits : La SARL Capo di Castellu conteste la manière dont le tribunal a interprété son acquiescement aux faits, affirmant que cela aurait dû influencer le jugement. La cour a cependant précisé que cette contestation touchait au fond de l'affaire et non à sa régularité. En effet, "l'inverse ne peut être tenu pour établi" quant à l'affiliation du terrain au plan local d'urbanisme, ce qui reflète que la cour a confirmé les constatations des premiers juges.
2. État de la zone concernée : La cour a confirmé que le terrain était dans une zone non couverte par un plan local d’urbanisme, ce qui a légitimé le refus du permis par le maire, ce dernier ayant suivi l'avis conforme de la préfète. L'arrêté était donc considéré comme ayant été émis à bon droit.
3. Extension de l'urbanisation : La cour a soutenu que la construction d'un lotissement de quatorze logements sur un terrain vierge constitue une extension de l'urbanisation, ce qui justifie le refus en vertu de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 612-6 du code de justice administrative : Cet article traite des conséquences de l’acquiescement aux faits, mais la cour a noté que "la contestation des conséquences tirées par les premiers juges... est relative au bien-fondé du jugement attaqué". Cela souligne que des points comme l’acquiescement ne modifient pas l’état des faits juridiques.
2. Article L. 422-5 du code de l'urbanisme : La légalité du refus du permis a été justifiée par l'application de cet article, permettant au maire d’exiger un avis conforme de la préfète lorsque le terrain ne dispose pas de documents d'urbanisme appropriés. La cour a déclaré que le maire avait agi "à bon droit".
3. Article L. 121-13 du code de l'urbanisme : La cour a indiqué que l'édification d'un lotissement sur un terrain vierge constitue une extension de l'urbanisation, ce qui s'oppose à des projets localisés proches des rivages protégés, renforçant ainsi le refus basé sur des considérations d'urbanisme.
Dans l'ensemble, cette décision illustre l'importance de la réglementation en matière d'urbanisme et des procédures administratives conformément aux normes en vigueur, notamment en ce qui concerne le respect des avis des préfets et de la documentation d'urbanisme applicable.