Résumé de la décision
La société EURL Allo Viviane a contesté un jugement du tribunal administratif de Nancy du 30 juin 2016, qui l'avait déchargée des pénalités mais rejeté sa demande de décharge d'une cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés pour l'année 2012. La cour d'appel a confirmé cette décision, rejetant la requête de la société. Elle a jugé que la société n'avait pas justifié les sommes comptabilisées dans son passif, conduisant à leur réintégration dans son bénéfice imposable.
Arguments pertinents
Le tribunal a formulé deux arguments majeurs dans sa décision :
1. Non-justification des sommes au passif : La cour a constaté que la société n'avait pas apporté de preuve suffisante concernant l'inscription des sommes, totalisant 67 836 euros, au compte de "report à nouveau". Elle a noté que les déclarations de la gérante, selon lesquelles ces sommes correspondaient à des bénéfices non affectés, n'étaient pas soutenues par des éléments probants, étant donné que la comptabilité de la société n'était pas jugée sincère et probante. "La société requérante ne pouvant être regardée comme justifiant de la réalité des sommes inscrites au passif du bilan de l'entreprise" a donc entraîné la réintégration dans le bénéfice imposable.
2. Répartition des charges de la preuve : Conformément aux exigences légales, il appartient au contribuable de prouver l'exactitude des montants déclarés. L'article 38 du Code général des impôts précise que "le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période". Dans ce cadre, la société n'a pas réussi à démontrer la réalités des dettes inscrites.
Interprétations et citations légales
Les textes de loi appliqués dans cette décision sont principalement issus du Code général des impôts, particulièrement :
- Code général des impôts - Article 38 : Cet article précise comment déterminer le bénéfice net. Il stipule que "le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt". Cette définition impose au contribuable d'assurer la véracité des éléments constitutifs de son bilan, les actifs et passifs.
L'interprétation de cet article par le tribunal souligne la responsabilité qui pèse sur la société requérante de fournir des preuves tangibles de la réalité des dettes et des bénéfices déclarés. En indiquant que "la comptabilité de la société n'a pas été jugée sincère et probante", la cour met en exergue l'importance d'une tenue de livres conforme et vérifiable pour soutenir toute réclamation de décharge fiscale.
En somme, la décision rappelle que les entreprises doivent non seulement tenir une comptabilité valide, mais également être prêtes à en justifier les éléments lors des vérifications et des contentieux fiscaux. L'absence de telles justifications a conduit la cour à confirmer le jugement initial, rejetant ainsi la requête de la société Allo Viviane.