Résumé de la décision :
M. C..., agent d'entretien de la commune de Riedisheim, a été révoqué par le maire le 9 janvier 2018 suite à un incident survenu le 3 octobre 2017, durant lequel il a giflé une collègue à trois reprises. Cette décision de révocation a été contestée par M. C... devant le tribunal administratif de Strasbourg qui, par un jugement du 22 novembre 2018, a rejeté sa demande. M. C... fait appel de ce jugement en demandant son annulation et sa réintégration. La cour Administrative d'Appel a confirmé la décision du tribunal, considérant que les faits reprochés justifiaient la révocation et que la sanction n'était pas disproportionnée.
Arguments pertinents :
1. Matérialité des faits : La cour a pris en compte plusieurs témoignages d'agents présents lors de l'incident qui valident les accusations contre M. C.... Ces témoignages, associés à des certificats médicaux, corroborent la matérialité des faits, indiquant que l'acte de violence physique a eu des conséquences sérieuses.
> « En outre, il ressort des certificats médicaux produits par la commune que les coups portés par M. C... sont à l'origine d'un traumatisme crânien, d'une entorse cervicale et d'un syndrome anxio-dépressif de sa victime. »
2. Proportionnalité de la sanction : La cour a examiné le passé disciplinaire de M. C..., notant qu'il avait déjà été sanctionné à trois reprises avant l'incident en question. Cette récidive a conduit à la conclusion que la révocation ne constituait pas une réponse excessive, mais appropriée à la gravité de la faute.
> « [...] la sanction de révocation de l'intéressé n'apparaît pas [...] disproportionnée. »
3. Absence de fondement des arguments de M. C... : Les arguments présentés par M. C... concernant une prétendue erreur manifeste d'appréciation de la part des premiers juges ont été jugés infondés au regard des preuves apportées.
Interprétations et citations légales :
- Article 89 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 : Cette loi précise les types de sanctions disciplinaires applicables aux agents publics, y compris la révocation. Elle établit une hiérarchie des sanctions disciplinaires, indiquant que des comportements graves peuvent justifier la sanction la plus sévère.
> « Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : [...] / Quatrième groupe : / la révocation. »
- Principe de proportionnalité : Le juge doit apprécier si les faits justifient la sanction appliquée. La jurisprudence administrative considère que, pour qu'une sanction soit légale, elle doit non seulement reposer sur des comportements fautifs mais également être proportionnée à la gravité des faits.
> « [...] le juge de l'excès de pouvoir [...] de rechercher si les faits reprochés à un agent public [...] constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes. »
En conclusion, la décision de revocation de M. C... est soutenue par des preuves matérielles des faits et par la récidive de comportements fautifs, et, par conséquent, la cour a validé la légitimité de la sanction élevée appliquée à l'agent en question.