Résumé de la décision
Les époux A... ont formé appel d’un jugement du tribunal administratif de Rennes qui avait rejeté leur demande de décharge de cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu pour l'année 2010, s'élevant à 3 727 euros. Cette imposition était liée à la remise en cause d'une partie du crédit d'impôt pour l'amélioration de la qualité environnementale de leur logement. La cour a confirmé le jugement, jugeant que la proposition de rectification de l'administration fiscale était régulière et que les dépenses contestées n'étaient pas éligibles au crédit d'impôt conformément à la législation en vigueur.
Arguments pertinents
1. Régularité de la procédure d'imposition : La cour a soutenu que la proposition de rectification notifiée aux requérants respectait les exigences de motivation prévues par les articles L. 57 et R. 57-1 du livre des procédures fiscales. En précisant "la nature et les motifs du redressement", l'administration a permis aux contribuables de formuler des observations utiles. Il a été noté que la régularité d'une proposition de rectification dépend uniquement de sa conformité avec les critères de motivation et non de la pertinence des motifs avancés.
Citation pertinente : "Pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés."
2. Bien-fondé de l'imposition : La cour a conclu que les dépenses relatives à des équipements accessoires comme le « kit d’intégration de toiture », le câblage électrique et les coffrets de sécurité n'étaient pas éligibles au crédit d'impôt prévu par le code général des impôts. Selon la loi, ce crédit ne couvre que le coût des équipements de production d'énergie, excluant les accessoires.
Citation pertinente : "Le crédit d'impôt est limité au coût des seuls équipements de production d'énergie, à l'exclusion de leurs accessoires."
Interprétations et citations légales
1. Sur la régularité de la procédure : Les articles L. 57 et R. 57-1 du livre des procédures fiscales soulignent que l'administration doit notifier des motifs précis aux contribuables pour permettre une réponse éclairée. Ces textes législatifs précisent que même si des informations d'instructions autres peuvent être mentionnées, cela n'influe pas sur la validité de la proposition de rectification.
Code des procédures fiscales - Article L. 57 : "L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation."
2. Sur le crédit d’impôt : Le crédit d'impôt sur le revenu, selon l’article 200 quater, est destiné à couvrir uniquement les "dépenses effectivement supportées" pour l'amélioration de la qualité environnementale, limité au coût des équipements de production d'énergie.
Code général des impôts - Article 200 quater : "Les contribuables peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt sur le revenu au titre des dépenses effectivement supportées pour l'amélioration de la qualité environnementale du logement."
3. Sur l'interprétation de l'instruction : Même si l'instruction administrative pouvait inclure des dépenses accessoires, la cour a jugé que cela ne modifiait pas la compréhension légale du crédit d'impôt. Cela a été clarifié par le fait que les accessoires ne constituaient pas des éléments fondamentaux de l'équipement de production d'énergie.
Livre des procédures fiscales - Article L. 80 A : "Le contribuable peut, pour des motifs de sécurité juridique, opposer à l'administration l'interprétation qui lui a été donnée par une instruction."
Cette décision souligne l'importance de la conformité procédurale et des limites d'interprétation liées aux crédits d'impôts, insistant sur le fait qu'une bonne connaissance des textes est cruciale pour optimiser les choix fiscaux.