Résumé de la décision
M. D..., un ressortissant français, a demandé à la cour d'annuler un jugement du tribunal administratif de Nantes en date du 3 juin 2015, qui rejetait sa demande d'annulation d’une décision implicite de la Commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France (CRRV). Cette décision refusait un visa de long séjour pour son enfant, Jean-Yves B... Les principaux motifs de rejet étaient l'absence d'établissement de l'identité de l'enfant et le lien de filiation avec M. D.... La cour a rejeté la requête de M. D..., affirmant que la commission n'avait pas commis d'erreur d'appréciation quant à la véracité des documents fournis, notamment en raison de l'existence d'un acte de naissance reconnu comme apocryphe.
Arguments pertinents
1. Motivation des décisions : M. D... a soutenu que les décisions du consul et de la CRRV n'étaient pas motivées, arguant que l'obligation de motivation s'appliquait aux refus de visas long séjour pour les enfants de ressortissants français. La cour a jugé que M. D... ne justifiait pas avoir demandé la communication des motifs, rendant ce moyen inopérant. Elle a ainsi écarté l'argument relatif à la insuffisance de motivation : « il ne justifie pas ... avoir expressément sollicité de la CRRV la communication des motifs du refus implicite ».
2. Vérification des actes d'état civil : La cour a rappelé que les actes d'état civil étrangers doivent être vérifiés selon le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 111-6. Le lien de filiation doit être appuyé par des documents authentiques, et l’absence de caractère authentique des actes produits empêche d'accorder un visa : « l'autorité consulaire est en droit de rejeter la demande de visa dont elle est saisie en l'absence de caractère authentique des actes d'état-civil produits ».
3. Faux document et fraude : La cour a constaté que l'acte de naissance produit par M. D... était apocryphe, ce qui révélait un caractère frauduleux. La cour a souligné que la vérification des autorités françaises avait montré que l'acte en question ne correspondait pas à la réalité : « l'acte de naissance litigieux doit être regardé comme un faux document et ne permet pas ... de remettre en cause l'appréciation portée par la commission ».
Interprétations et citations légales
1. Obligation de motivation : La cour a appliqué l'article 5 de la loi du 11 juillet 1979, qui établit le droit d'être informé des motifs d'une décision administrative défavorable. En l'absence de demande expresse de M. D..., cette obligation n’a pas été considérée comme ayant été violée.
2. Vérification des actes d'état civil : Selon le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 111-6, la vérification des actes d'état civil doit se faire en conformité avec le Code civil - Article 47, qui stipule que « Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger ... fait foi, sauf si ... des données extérieures ... établissent ... que cet acte est irrégulier ». Cela renforce l'idée que tout acte présenté doit pouvoir être vérifié et se baser sur des faits vérifiables.
3. Absence d'établissement de la filiation : La cour a statué que le jugement de reconnaissance de paternité, même étant établi, devait être confirmé par un acte de naissance approprié. Le manque de conformité du document fourni avec la réalité des faits a entraîné le rejet de la demande de visa : « ...seul un acte de naissance établi postérieurement et transcrivant ce jugement était de nature à confirmer ce lien de filiation ».
Ces éléments soulignent l'importance d'une documentation adéquate et vérifiable dans les demandes de visa, en particulier pour les enfants de ressortissants français.