Résumé de la décision
Mme A... a introduit une requête devant la Cour administrative d'appel le 2 mars 2020, contestant le jugement du Tribunal administratif de Melun qui refusait d'annuler un arrêté du préfet de police daté du 8 janvier 2020. Cet arrêté imposait à Mme A... une obligation de quitter le territoire français avec une interdiction de retour de douze mois. Le jugement attaqué n’a pas traité la question de l'interdiction de retour, ce qui a conduit la Cour à annuler ce jugement pour irrégularité. L’affaire a été renvoyée devant le Tribunal administratif de Melun pour qu'il soit à nouveau statué sur la demande de Mme A..., et l'État a été condamné à verser 1 000 euros à Mme A... au titre des frais engagés.
Arguments pertinents
1. Omission de la décision contestée : La requérante a soulevé que le jugement du Tribunal administratif a omis de se prononcer sur l'interdiction de retour sur le territoire français qui accompagne l'arrêté contesté. La Cour a confirmé que cette omission est irrégulière, en indiquant que "le jugement litigieux ne se prononce pas sur la légalité de cette interdiction de retour. Ainsi, Mme A... est fondée à soutenir que le jugement attaqué est irrégulier".
2. Absence de moyens spécifiques : En défense, le préfet de police a soutenu que la requérante n'avait pas développé de moyen spécifiquement dirigé contre l'interdiction de retour. Toutefois, la Cour a précisé que des moyens de légalité externe avaient été soulevés concernant l'ensemble des décisions contestées, incluant l'interdiction de retour.
Interprétations et citations légales
1. Droit d’agir contre les décisions de l'administration : L'article L. 512-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipule : "L'étranger qui fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français... peut, dans le délai de trente jours suivant sa notification, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision...". Cette disposition souligne le droit de l’étranger à contester les décisions administratives affectant son séjour en France.
2. Implication de l'omission dans la décision du Tribunal administratif : La Cour fait référence à la nécessité de se prononcer sur toutes les mesures administratives comprises dans une décision, indiquant que la légalité d'une interdiction de retour doit être examinée en même temps que l'autre mesures. Cette perspective est essentielle pour garantir un traitement équitable et complet des requêtes des étrangers.
3. Condamnation à verser des frais de justice : La base de l'octroi d'une somme de 1 000 euros au titre des frais de justice pour Mme A... repose sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative, qui prévoit que "les frais exposés par une partie sont remboursés par l'État lorsque la partie a obtenu gain de cause". Cela illustre le principe d'égalité d'accès à la justice et le devoir de l'État de prendre en charge les frais rencontrés par les justiciables dans les contentieux.
En somme, cette décision illustre l'importance d’un examen complet des décisions administratives et des droits des étrangers, tout en soulignant les obligations de l'État concernant l'indemnisation des frais juridiques lorsqu'un justiciable obtient gain de cause.