Résumé de la décision
M. B..., un ressortissant algérien, a déposé une requête auprès de la Cour pour annuler un jugement du Tribunal administratif de Paris et un arrêté du préfet de police, qui rejetait sa demande de titre de séjour au motif qu'il n'établissait pas avoir résidé en France depuis plus de dix ans. La Cour a rejeté sa requête, affirmant que M. B... n’avait pas fourni de preuves suffisantes de sa résidence continue en France et que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
Arguments pertinents
1. Mise en œuvre de l’accord franco-algérien : M. B... se fondait sur le 1° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, qui stipule qu'un certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit au ressortissant algérien résidant en France depuis plus de dix ans. La Cour a conclu que M. B... ne pouvait pas démontrer cette ancienneté, notamment pour les années 2009 et 2010, où il n'a pas fourni de documents probants.
> "Les différentes pièces ne permettent ainsi pas, par leur nombre, leur nature et leur teneur, de démontrer que M. B... aurait résidé habituellement en France en 2009 et tout au long de l'année 2010."
2. Erreur manifeste d'appréciation : M. B... a également soutenu une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle. La Cour a statué qu’en plus de son statut de célibataire et sans charge de famille, il n'avait présenté aucun élément significatif sur sa situation personnelle qui aurait pu changer l'appréciation du préfet.
> "Le préfet de police n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle de M. B...".
Interprétations et citations légales
1. Article pertinent de l'accord franco-algérien :
- Accord franco-algérien - Article 6, 1° : Ce texte précise les conditions de délivrance du certificat de résidence pour les ressortissants algériens. La condition essentielle ici est la preuve d'une résidence ininterrompue depuis au moins dix ans. La Cour a interprété strictement cette condition en soulignant le manque de preuves fournies par M. B...
> "Le certificat de résidence d'un an portant la mention 'vie privée et familiale' est délivré de plein droit : 1° au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans..."
2. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- Bien que cette référence ne soit pas explicitement détaillée dans l'analyse, le code gouverne les principes généraux relatifs aux séjours des étrangers en France, renforçant ainsi l'idée d'une nécessité de preuves tangibles de résidence pour justifier les demandes de titres de séjour.
3. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Les conclusions présentées par M. B... sur le fondement de cet article, visant à obtenir des frais de justice contre l'État, ont également été rejetées, car le jugement a été confirmé avec la requête principale.
> "Ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées."
En conclusion, la décision met en lumière l'importance de la présentation de preuves solides pour soutenir les demandes de titres de séjour, ainsi que l'interprétation rigoureuse des textes législatifs applicables dans ce domaine.