Résumé de la décision
M. A..., attaché d'administration, a contesté le montant de sa prime de fonctions et de résultats pour l'année 2012. À la suite de l'annulation par la Cour d'un jugement et de décisions antérieures du ministre de l'agriculture, M. A... a demandé l'exécution de cet arrêt. Le Président de la Cour a initialement considéré que l'exécution avait été réalisée, ce qui a conduit à un classement administratif de la demande. M. A... a ensuite sollicité l'ouverture d'une procédure juridique, laquelle a été acceptée. En fin de compte, la Cour a jugé que le ministre avait correctement exécuté l'arrêt et a rejeté la requête de M. A..., reconfirmant que le litige à propos de la décision du 5 septembre 2017 est distinct et irrecevable.
Arguments pertinents
1. Inexécution et mesures d'exécution : L'article L. 911-4 du Code de justice administrative stipule que dans le cas d'inexécution d'un jugement, la partie intéressée peut demander l'exécution. La Cour a noté que "le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution", ce qui a conduit au constat que l'arrêt du 25 avril 2017 n'impliquait pas d'injonction spécifique, mais demandait un réexamen de la situation de M. A... de manière régulière.
2. Décision régulière : Il a été affirmé que le ministre a pris une nouvelle décision à la suite d'une procédure régulière ; ainsi, il a justifié l'exécution complète de l'arrêt. La formulation de la décision du ministre, qui a retenu le coefficient de la prime à 2,9, bien que contestée, ne constitue pas un vice d'exécution.
3. Litige distinct : Les conclusions de M. A... visant à contester la décision du 5 septembre 2017 ont été jugées comme un litige distinct, ce qui a permis de soutenir que ces demandes étaient irrecevables, car elles n'avaient pas d'incidence sur l'exécution du précédent arrêt.
Interprétations et citations légales
1. Inexécution d'un jugement : La notion d'inexécution telle qu'ancrée dans l'article L. 911-4 du Code de justice administrative est essentielle pour comprendre l'obligation d'exécuter un jugement. Il stipule que "la partie intéressée peut demander au tribunal administratif... d'en assurer l'exécution." Cela souligne que l'absence de mesures d'exécution limites l'obligation à la simple réévaluation sans injonction définitive.
2. Sur la décision de réexamen : Le ministre a justifié son action en produisant un compte-rendu qui prouve que la décision prise était conforme aux obligations de procédure. La Cour a interprété que "cela signifie que le ministre a correctement exécuté l'arrêt" en vertu de l'exigence de prendre une "décision à l'issue d'une procédure régulière".
3. Irrecevabilité des demandes distinctes : L'article R. 921-6 du Code de justice administrative a été appliqué, précisant que le ministre peut rejeter des conclusions jugées irrecevables. Cela a permis à la Cour de conclure que les demandes successives de M. A... qui ne touchaient pas à l'exécution de l'arrêt principal ne pouvaient aboutir.
Cette décision souligne l'importance du respect des procédures et des définitions claires des mesures d’exécution dans le cadre du contentieux administratif.