Résumé de la décision :
Le 9 mars 2017, le syndicat mixte Aquarium de Nouméa et de la province Sud a interjeté appel d'un jugement du Tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie qui, le 8 décembre 2016, avait annulé un rappel à l'ordre adressé à M. C... En 2016, M. C... avait communiqué des informations erronées dans son CV relatives à un projet de livre qui n'avait jamais été publié. En conséquence, un rappel à l'ordre lui a été adressé, soulignant ses obligations de confidentialité. La Cour a conclu que ce rappel ne modifiait pas la situation juridique de M. C... et était une mesure d'ordre intérieur non susceptible de recours. Ainsi, la Cour a annulé le jugement du tribunal administratif, rejeté la demande de M. C... et a refusé d'accorder des frais aux deux parties.
Arguments pertinents :
1. Nature du rappel à l'ordre : La Cour a considéré que le rappel à l'ordre adressé à M. C... était un simple rappel des obligations professionnelles et ne constituait pas une sanction disciplinaire. Elle a affirmé que “ce rappel, qui ne porte aucune atteinte aux droits de l'intéressé, constitue dès lors une mesure d'ordre intérieur non susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.”
2. Irrecevabilité de la demande de M. C... : En raison de la nature d'ordre intérieur du rappel à l'ordre, la demande de M. C... en annulation a été jugée irrecevable. La Cour a souligné qu'en précisant ses obligations, l'autorité a simplement agi dans le cadre de ses prérogatives.
3. Rejet des conclusions sur les frais : La Cour a également rejeté les demandes de frais basées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative, précisant que “ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge du syndicat mixte Aquarium de Nouméa et de la province Sud, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante.”
Interprétations et citations légales :
1. Mesure d'ordre intérieur : Le rappel à l'ordre a été interprété comme une mesure qui ne constitue pas une décision administrative au sens où elle affecterait les droits ou la situation juridique d'un agent. La Cour a cité que “le supérieur hiérarchique de M. C... s'est borné à rappeler à cet agent les règles qu'il était tenu de respecter dans l'exercice de ses fonctions”, soulignant ainsi l'absence de sanction formelle.
2. Article sur l'obligation de réserve : La lettre qui rappelle les obligations de l'agent fait référence aux articles du règlement intérieur. Bien que les articles précis ne soient pas cités, la notion d’obligation de réserve est généralement intégrée dans le cadre des fonctions publiques, qui impose aux agents de ne pas divulguer des informations obtenues dans l'exercice de leurs fonctions.
3. Application de l'article L. 761-1 : La décision a rappelé que les frais de justice ne peuvent être mis à la charge de la partie perdante, citant que "la somme que M. C...demande au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative" est irrecevable puisque le syndicat mixte n'était pas perdant dans cette affaire, conformément au principe général régissant les frais de justice.
En somme, cette décision illustre l'importance de la distinction entre un rappel à l'ordre administratif dénué d'impact sur les droits de l'agent et les véritables sanctions disciplinaires, tout en précisant les implications financières d'une telle action en justice.