Résumé de la décision
M. et Mme B... ont interjeté appel d'un jugement du Tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté leur demande de décharge d'une obligation de paiement d'impôt sur le revenu s'élevant à 201 065,13 euros, réclamée par un avis à tiers détenteur daté du 17 août 2015. Ils soutenaient que l'avis à l'origine de cette créance ne pouvait être considéré comme un titre exécutoire valide en l'absence de notification d'un arrêt de la Cour administrative d'appel, et arguaient de la prescription de la dette d'impôt. La cour a finalement rejeté la requête, confirmant que la notification de l'arrêt n'affectait pas la poursuite de recouvrement par le comptable sur la base du rôle.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité des conclusions : La cour a statué qu’il ne revenait pas au juge du recouvrement de connaître des demandes visant à annuler un rejet de réclamation préalable émis par l'administration fiscale. Cela indique que certaines décisions administratives échappent à l'examen judiciaire direct :
> "Il n'appartient pas au juge du recouvrement de l'impôt de connaitre de conclusions tendant à l'annulation de la décision portant rejet de la réclamation préalable d'un contribuable."
2. Titre exécutoire et rôle : La cour a précisé que le titre exécutoire pour le recouvrement des impôts est fondé sur le rôle et non sur une notification d’un arrêt. L’arrêt contesté ne remettait pas en cause les impositions, et le comptable pouvait légitimement procéder au recouvrement :
> "Les impositions à leur charge n’ayant ainsi jamais été dégrevées par le juge, l'arrêt précité ne constitue pas le titre exécutoire permettant le recouvrement des sommes litigieuses."
3. Prescription : La cour a soutenu que même en l'absence de notification d'une décision judiciaire, la mise en recouvrement en vertu du rôle restait valable, ce qui empêche l'argument de la prescription de s'appliquer :
> "L'absence de notification de l'arrêt... est sans influence sur le cours du délai de prescription."
Interprétations et citations légales
La décision repose principalement sur des interprétations précises du Code général des impôts et du Livre des procédures fiscales.
- Code général des impôts - Article 1658 : Cet article établit que les impôts sont recouvrés sur la base d'un rôle, donc la notification d'un arrêt n'est pas nécessaire pour le recouvrement, puisque celui-ci se fonde sur l’existence même du rôle :
> "Les impôts directs et les taxes assimilées sont recouvrés en vertu... d'avis de mise en recouvrement."
- Livre des procédures fiscales - Article L. 253 : Cet article stipule que les contribuables doivent être informés via un avis de mise en recouvrement. L'absence de notification d'un jugement ne diminue pas la légitimité de l'avis pour le recouvrement :
> "Un avis d'imposition est adressé sous pli fermé à tout contribuable inscrit au rôle des impôts directs."
- Livre des procédures fiscales - Article L. 274 : Cet article concerne la prescription de l'action en recouvrement, indiquant que si aucune poursuite n'est engagée durant quatre ans, des droits sont perdus. Toutefois, la Cour a établi que la mise en recouvrement sur la base du rôle était suffisante pour éviter l'application de cette prescription :
> "Les comptables qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives... sont déchus de tous droits."
Ensemble, ces éléments montrent que M. et Mme B... n'ont pas réussi à établir des arguments juridiques valables pour contrecarrer leur obligation de paiement d'impôt, puisque les bases légales pour la mise en recouvrement étaient correctement respectées.