Résumé de la décision
M.A..., un ressortissant malien, a demandé l'annulation d'un jugement du Tribunal administratif de Montreuil qui avait rejeté sa demande de titre de séjour et l'arrêté du préfet de la Seine-Saint-Denis l'obligeant à quitter le territoire français. Le Conseil d'État a examiné les arguments de M.A., concernant notamment l'erreur de droit liée à l'appréciation de son insertion professionnelle, avant de confirmer le jugement du Tribunal, rejetant ainsi sa requête.
Arguments pertinents
1. Appréciation de l'insertion professionnelle : Le Conseil d'État a jugé que le préfet a eu le droit d'évaluer l'intégration de M.A. en prenant en compte son insertion professionnelle, qu'il a jugée insuffisante. Cette approche ne constitue pas une erreur de droit. Le raisonnement est explicite dans la décision : "le préfet [...] a pu, sans commettre d'erreur de droit, apprécier son intégration en France et, à cette fin, tenir compte notamment de son insertion professionnelle".
2. Application des dispositions légales : Le Conseil a écarté l'argument de M.A. lié à la violation de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, affirmant que le préfet n'a pas eu tort de considérer les conditions de l'intégration et de l'insertion professionnelle. Le jugement fait référence au fait que "le moyen tiré d'une erreur de droit commise dans l'application des dispositions précitées de l'article L. 313-14 doit être écarté".
Interprétations et citations légales
1. Article L. 313-14 (Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile) : Cet article permet au préfet de délivrer une carte de séjour temporaire, en dépit de certaines conditions, pour des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels. Le Tribunal a interprété cet article en soulignant que l'absence de menace à l'ordre public n'implique pas automatiquement l'octroi d'une autorisation de séjour, mais que l'appréciation de l'insertion professionnelle reste un critère déterminant.
2. Conditions d'habitabilité et d'insertion : L'évaluation de l'insertion professionnelle, mentionnée dans le jugement, s'inscrit dans le cadre des considérations globales que le préfet doit prendre en compte lorsqu'il se prononce sur les demandes de séjour. Le Conseil affirme ainsi que l'évaluation de l'intégration à la société française, notamment sur le plan de l'emploi, est légitime : "le préfet [...] a pu [...] tenir compte notamment de son insertion professionnelle".
L'interprétation des textes, en l'occurrence, montre que même les situations ne constituant pas une menace pour l'ordre public peuvent mener à des décisions administratives défavorables si l'insertion professionnelle n'est pas jugée suffisante.