Résumé de la décision
M. B..., ressortissant du Congo, a demandé le renouvellement de sa carte de séjour pour soins, ce qui a été refusé par le préfet de l'Essonne par un arrêté daté du 21 mars 2016. M. B... a contesté cette décision devant le Tribunal administratif de Versailles, qui a rejeté sa demande le 20 octobre 2016. M. B... a ensuite formé appel de ce jugement auprès de la Cour, demandant l'annulation de la décision préfectorale et l'octroi de la carte de séjour. La Cour, après avoir examiné les éléments, a confirmé le jugement attaqué et rejeté la requête de M. B..., considérant que le préfet n'avait pas méconnu la législation applicable.
Arguments pertinents
La décision de la Cour repose sur plusieurs considérations juridiques clés :
1. Absence de nécessité d'une carte de séjour : Selon l'article L. 313-11 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une carte de séjour temporaire doit être délivrée lorsque l'état de santé de l'étranger nécessite une prise en charge médicale en France, et que le défaut de traitement pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité. M. B... n'a pas pu justifier qu'un retour dans son pays d'origine entraînerait de telles conséquences. La Cour cite les avis médicaux qui concluent à l'absence d'un traitement approprié dans son pays et à la non-nécessité d'une prise en charge médicale urgente.
> « L'état de santé de l'intéressé nécessite désormais une prise en charge médicale dont le défaut n'est pas susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité » (Avis du médecin de l'agence régionale de santé d'Ile-de-France).
2. Examen des autres conditions de séjour : La Cour a souligné que le préfet n'était pas obligé d'examiner d'éventuelles bases alternatives pour accorder un titre de séjour, à moins que cela ne soit expressément prévu par la loi. M. B... ne pouvait donc pas revendiquer des droits supplémentaires sur la base d'un autre article du code se rapportant au séjour.
> « Lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour... le préfet n'est pas tenu... d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code. »
Interprétations et citations légales
La décision fait une application stricte des règlements relatifs à la délivrance des titres de séjour, notamment les articles du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-11 : Ce texte définit les conditions dans lesquelles un étranger peut se voir accorder un titre de séjour temporaire pour raisons de santé. Il établit le critère de la gravité des conséquences médicales et la disponibilité d'un traitement dans le pays d'origine.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-14 : Bien que M. B... ait plaidé pour une application de cet article, la Cour conclut qu'aucun examen d'office n'était requis, ce qui confirme la position du préfet.
En conclusion, la décision souligne la prévalence d'un examen rigoureux et administratif pour l'octroi des titres de séjour, et exprime une interprétation restrictive des conditions légales permettant à un étranger de bénéficier d'un séjour pour soins. La Cour invite à des preuves tangibles des risques pour la santé pour contester une décision d'expulsion ou de refus de renouvellement de séjour.