Résumé de la décision
La décision concerne une requête formulée par plusieurs individus, dont M. H..., à l'encontre d'un arrêté du ministre de l'enseignement supérieur portant sur la dissolution du conseil et la fin de fonction du directeur de l'institut universitaire de technologie de Tremblay-en-France. Les requérants ont demandé la suspension de l'exécution de cette décision, arguant de l'urgence et d'un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté. Cependant, le juge des référés du Conseil d'État a rejeté cette requête, précisant que le litige ne relevait pas de sa compétence et qu'il convenait de saisir le tribunal administratif compétent.
Arguments pertinents
1. Compétence du Conseil d'État : Le juge a stipulé que "le juge des référés du Conseil d'Etat ne peut être régulièrement saisi ... que pour autant que le litige principal ... ressortit lui-même à la compétence directe du Conseil d'Etat." Cela implique que les requêtes doivent être liées à des décisions qui relèvent directement du Conseil d'État.
2. Urgence et légalité : Les requérants ont tenté de démontrer l'urgence de leur situation en invoquant des impacts sur la rémunération et le fonctionnement de l'IUT. Le juge a cependant constaté que cela ne justifiait pas une compétence de premier et dernier ressort du Conseil d'État, en précisant que "la demande n'est pas susceptible de se rattacher à un litige dont il appartient au Conseil d'Etat, statuant au contentieux, de connaître en premier et dernier ressort."
3. Renvoi au tribunal administratif : L’ordonnance se conclut par l’indication que "les requérants ... doivent saisir eux-mêmes le tribunal administratif compétent." Cela souligne une procédure à suivre qui n'inclut pas le Conseil d'État dans ce cas spécifique.
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article L. 521-1 : Ce texte stipule les conditions dans lesquelles une décision administrative peut être suspendue : "Quand une décision administrative, ... fait l'objet d'une requête en annulation ... le juge des référés, ... peut ordonner la suspension ... lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer ... un doute sérieux quant à la légalité de la décision." Cette citation souligne la nécessité de vérifier les conditions d'application de la suspension, notamment l'urgence et la légalité de la décision.
2. Code de justice administrative - Article L. 522-3 : Selon cet article, "le juge des référés peut rejeter une requête ... lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou ... qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée." Cela justifie le rejet de la requête lorsque le juge constate une absence de lien avec la compétence du Conseil d'État.
3. Code de justice administrative - Article R. 522-8-1 : Ce disposition précise que, "par dérogation aux dispositions ... le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions ... par voie d'ordonnance." Cette clause est essentielle dans la décision car elle permet à la juridiction de renvoyer le cas au tribunal administratif compétent, marquant ainsi la fin de la procédure au Conseil d'État pour cette affaire.
En somme, la décision rejette la requête au motif que le Conseil d'État ne dispose pas de la compétence nécessaire pour traiter le litige en question et renvoie les requérants à saisir le tribunal administratif.