Résumé de la décision
M. et Mme B... ont contesté une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Marseille du 22 mai 2017 qui a rejeté leur demande visant à obtenir l'octroi du concours de la force publique pour expulser Mme E..., occupant sans titre d'un logement dont ils sont propriétaires. Ils ont fait valoir que la situation était urgente et que leur droit de propriété était gravement compromis. Toutefois, postérieurement à leur requête, le préfet des Bouches-du-Rhône a décidé d'accorder le concours de la force publique pour l'expulsion à partir du 6 septembre 2017. En conséquence, le juge a déclaré leur appel sans objet et a condamné l'État à verser la somme de 2 000 euros aux demandeurs au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Urgence : Les requérants soutiennent que la condition d'urgence est remplie, citant que "cela fait plus de deux ans qu'ils sont dans l'attente de l'octroi du concours de la force publique" et que leur projet de vente était menacé par l'occupation de Mme E... .
2. Atteinte à leur droit de propriété : Ils affirment que le refus du concours de la force publique porte "une atteinte grave et manifestement illégale" à leur droit de propriété, en ce qu'il entrave "la libre disposition de leur bien".
3. Absence de menace à l'ordre public : Ils contestent l'argument selon lequel l'expulsion poserait un problème d'ordre public, avançant que "Mme E...dispose de ressources suffisantes pour se reloger".
Interprétations et citations légales
Article L. 521-2 du code de justice administrative : Cet article stipule que "Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale..." Cela montre que le juge des référés a le pouvoir d'intervenir en cas de grave atteinte à une liberté fondamentale, mais que cette intervention est limitée par la notion d'urgence.
Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article prévoit que "la juridiction statue sur les frais exposés dans l'instance, à l'exception des dépens". Dans cette affaire, le juge a jugé approprié de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros pour couvrir les frais de M. et Mme B..., reflétant la nécessité de compenser une partie des frais engagés par les parties dans le cadre d'une procédure administrative.
La décision souligne également que "l'autorité administrative doit assurer, en accordant au besoin le concours de la force publique, l'exécution des décisions de justice". Ainsi, bien que le juge ait reconnu les droits des propriétaires, il a également constaté que la décision de l’autorité administrative de fournir le concours de la force publique satisfait la situation, rendant les conclusions des requérants sans objet. Cette décision reflète la responsabilité de l'État dans la protection des décisions judiciaires et le respect des droits de propriété tout en tenant compte des impératifs de l'ordre public.