Résumé de la décision
M. A... a saisi le juge des référés du Conseil d'État pour demander la suspension du décret du 14 mai 2020, qui fixe au 18 mai 2020 la date d'entrée en fonction des conseillers municipaux et communautaires élus au premier tour des élections du 15 mars 2020. Il avance plusieurs arguments, notamment l'urgence de la situation sanitaire et des doutes sérieux sur la légalité du décret. Cependant, le juge a rejeté la requête, concluant que la condition d'urgence n'était pas satisfaite, car les élus avaient déjà pris fonction avant le jugement.
Arguments pertinents
1. Condition d'urgence non satisfaite : Le juge a précisé que, puisque les conseillers municipaux et communautaires étaient déjà en fonction, il ne pouvait plus y avoir d'urgence à suspendre le décret. En effet, "les conseillers municipaux et communautaires de ces communes étaient déjà entrés en fonction. Quant aux premières réunions de ces conseils, elles se sont tenues avant l'intervention de la présente ordonnance."
2. Application de l'article L. 521-1 : Le juge a appliqué l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui exige à la fois l'urgence et un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée pour justifier la suspension. Dans ce cas, la condition d'urgence n'était pas remplie, entraînant le rejet de la requête.
3. Rejet des autres conclusions : Toutes les autres conclusions, y compris celles visant à des injonctions ou à la prise en charge des frais, ont également été rejetées en raison de l'irrecevabilité de la requête fondée sur l'absence d'urgence.
Interprétations et citations légales
1. Urgence : L'article L. 521-1 du code de justice administrative établit que l'urgence doit être démontrée pour que le juge des référés puisse suspendre l'exécution d'une décision administrative. La décision précise que "le juge des référés... peut ordonner la suspension... lorsque l'urgence le justifie...". Dans ce cas, l'urgence a été jugée non satisfaisante, car la situation était déjà réalisée.
2. Doutes sur la légalité du décret : Bien que M. A... ait invoqué des doutes sérieux concernant la légalité du décret, le juge s'est concentré sur le fait que les questions soulevées ne justifiaient pas l'urgence. En effet, le juge a mentionné que "la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 précité du code de justice administrative n'est pas satisfaite".
3. Impact des dispositions législatives : Les dispositions de la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 servent de base légale pour le décret attaqué. Le juge a noté que ce décret "a été pris pour l'application... de la loi du 23 mars 2020", soulignant ainsi la légitimité de la procédure qui a conduit à la fixation de la date d'entrée en fonction des conseillers.
En somme, la décision du juge des référés repose sur une interprétation stricte des critères d'urgence et de légalité prévus par le code de justice administrative, refuse de considérer les arguments de M. A... comme suffisants pour accéder à la demande de suspension du décret contesté.