Résumé de la décision
La société Cast a contesté un arrêté du préfet des Alpes-Maritimes qui ordonnait la fermeture administrative de son établissement "Le Movida" pour une durée d'un mois, en raison d'incidents de violences urbaines survenus le 15 juillet 2018. La société a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Nice pour suspendre cet arrêté, mais sa demande a été rejetée par ordonnance du 31 juillet 2018. En appel, le tribunal a confirmé ce rejet, estimant que l'appel ne présentait pas d'éléments nouveaux pouvant infirmer la décision du juge des référés.
Arguments pertinents
1. Urgence et atteinte à une liberté fondamentale : Le juge des référés a constaté que la société Act n’avait pas démontré que l’urgence requise pour justifier la suspension de l’arrêté était remplie. Il a précisé que les arguments concernant la méconnaissance du caractère contradictoire de la procédure et du défaut de motivation ne caractérisaient pas une illégalité grave portant atteinte à une liberté fondamentale.
2. Justification de la fermeture administrative : Le juge a considéré que les troubles à l'ordre public causés par les clients de l'établissement, qui avaient dégradé des biens et bloqué la circulation, justifiaient l'arrêté de fermeture. L’ordonnance a souligné la gravité des incidents rapportés par les forces de l’ordre : "les clients alcoolisés et violents (...) ont bloqué la circulation sur le quai des États-Unis, dégradé des véhicules et jeté des projectiles sur les forces de l’ordre".
3. Proportionnalité de la mesure : La décision a également affirmé que la durée d'un mois de la fermeture administrative n'était pas disproportionnée au regard des faits et des objectifs de maintien de l'ordre public. La mesure a été jugée appropriée par rapport aux disturbances causées.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-2 du Code de justice administrative : Cet article stipule que "Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale". Le juge a conclut que l’appel ne répondait pas aux critères de cette disposition, en particulier l'exigence d'une atteinte grave et manifeste à une liberté fondamentale.
2. Article L. 3332-15 du Code de la santé publique : Cet article déclare que la fermeture des débits de boissons peut être ordonnée par le représentant de l'État en cas d'atteinte à l'ordre public. Il précise que "les mesures prises en application du présent article sont soumises aux dispositions du code des relations entre le public et l'administration". Le juge a appliqué cet article pour justifier l'arrêté préfectoral, mettant en évidence que les "incidents qui ont été constatés tout au long de la soirée du 15 juillet 2018" étaient directement liés à l’exploitation de l’établissement.
3. Propriété de la mesure : En matière de droit administratif, la proportionnalité est un principe fondamental, verbeusement évoqué par le juge dans sa conclusion, affirmant que "la durée de la fermeture administrative d'un mois n'était pas disproportionnée au regard du but poursuivi par cette mesure de police". Cette interprétation souligne l'importance accordée à la sécurité publique dans la prise de décisions administratives concernant des établissements potentiellement dangereux.
Cette décision illustre la manière dont le droit administratif régule les libertés commerciales en regard des nécessités d'ordre public, tout en balançant les droits des exploitants d'établissements délivrant des boissons alcoolisées face aux perturbations qu’ils peuvent engendrer.