Résumé de la décision
M. B..., citoyen de la République démocratique du Congo, a sollicité l'asile en France, ce qui a conduit la préfète de l'Essonne à prendre deux arrêtés le 20 juin 2016 : l’un pour sa remise aux autorités hongroises conformément au Règlement UE n° 604/2013 et l’autre pour son assignation à résidence. Le tribunal administratif a annulé ces arrêtés, mais la cour administrative d'appel a annulé cette décision et confirmé les arrêtés. M. B... a alors formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, qui a rejeté son recours comme irrecevable, tenant compte du fait que la demande d'asile de M. B... avait été acceptée par la France, annulant donc l'arrêté de remise.
Arguments pertinents
Dans cette décision, le Conseil d'État a statué en considérant que la demande d'asile de M. B... ayant été enregistrée le 17 novembre 2017, "cette décision par laquelle la France reconnaît sa responsabilité dans l'examen de la demande d'asile de M. B... a eu pour effet de mettre fin à l'arrêté litigieux". Ce raisonnement souligne que la reconnaissance de la responsabilité française interdit la poursuite de l'exécution de l'arrêté de remise, rendant ainsi le pourvoi irrecevable. En d'autres termes, l'absence d'objet du pourvoi découle directement du changement dans la situation juridique de M. B..., ce qui lève le fondement de son recours.
Interprétations et citations légales
La décision s’appuie sur plusieurs textes clés :
1. Règlement UE n° 604/2013 - Cet acte établit les règles déterminant l'État responsable de l'examen d'une demande d'asile. L'article 3 précise que l'État membre dans lequel la demande d'asile est présentée est généralement responsable de l'examen.
2. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Ce code régule le droit d'asile en France et les modalités de séjour des étrangers. L’article L. 743-1 inscrit les principes relatifs à la protection internationale.
3. Code de justice administrative - Ce code régule le contentieux administratif en France. L'article L. 761-1, qui est mentionné dans le dispositif de la décision, concerne la prise en charge des frais de justice.
La décision du Conseil d'État illustre l'application de l'article 3 du règlement vis-à-vis de la responsabilité de l'examen des demandes d'asile. En situant la responsabilité auprès de la France, le Conseil conclut qu'il n'y a plus lieu de se prononcer sur la légalité de la mesure de remise.
En résumé, cette décision met en exergue les mécanismes de protection des droits des demandeurs d’asile au sein de l’UE et la nécessité pour les États membres de respecter leur engagement face à de telles demandes en raison des dispositions internationales et communautaires en vigueur.