Résumé de la décision :
Dans cette affaire, M. B... conteste le jugement du tribunal administratif de Caen qui a rejeté sa demande de décharge des cotisations supplémentaires de taxe foncière et de taxe d'habitation au titre des années 1996 à 2002. Ce rejet repose sur l'irrecevabilité de sa demande, la cour ayant constaté que les actes de poursuite engagés par l'administration fiscale n'étaient pas atteints par la prescription de l'action en recouvrement. La cour a jugé que M. B... n'avait pas contesté ces actes dans le délai légal. En conséquence, le Conseil d'État a rejeté le pourvoi de M. B..., confirmant l'irrecevabilité de sa demande et ne lui accordant pas les frais de justice.
Arguments pertinents :
1. Prescription de l'action en recouvrement : Le tribunal a relevé que le premier acte de poursuite permettant à M. B... d'invoquer la prescription était l'avis à tiers détenteur du 3 octobre 2001. Celui-ci a été régulièrement notifié, malgré le fait qu'il ait été retourné "non réclamé". La cour a ainsi précisé : « le requérant avait été avisé de la mise en instance du courrier recommandé… [et] devait, ainsi, être regardé comme ayant été régulièrement notifié ».
2. Délai de contestation : Concernant le commandement de payer du 20 septembre 2007, le tribunal a noté qu’un avis de passage avait été laissé, ce qui signifie que la notification avait également été effectuée de manière régulière. La cour a estimé que M. B..., en n'ayant pas contesté ces actes dans le délai fixé, devait en supporter les conséquences : « …l’administration était fondée à faire valoir que sa demande en décharge... était irrecevable. »
Interprétations et citations légales :
1. Notion de notification : La décision souligne l'importance de la notification régulière des actes de poursuite. Même en cas de retour de courrier pour non-réclamation, cela n’implique pas un défaut de notification. En effet, le tribunal a précisé que les mentions sur l'enveloppe et la date de présentation sont suffisantes pour prouver cette notification.
2. Irrecevabilité de la demande : Selon les règles énoncées dans l'article R. 281-2 du livre des procédures fiscales, les contributions déposées par M. B... n'ont pas fait l'objet d'une contestation dans le délai imparti, conditionnant ainsi leur validité. La court a noté à ce propos : « faute pour M. B... d'avoir contesté ces actes de poursuites... l’administration était fondée à faire valoir que sa demande en décharge... était irrecevable. »
3. Article du code de justice administrative : Bien que M. B... demande la prise en charge de ses frais au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ce point fut également rejeté sur la base de l'irrecevabilité de sa demande, confirmant que l'État ne devait pas le dédommager.
Ces éléments permettent de dégager une vision claire des fondements juridiques de la décision, ainsi que de la manière dont le tribunal a interprété les textes législatifs et réglementaires en vigueur.