Résumé de la décision
La décision du Conseil d'État traite de la demande d'annulation pour excès de pouvoir formulée par M. A... B... concernant le schéma national du maintien de l'ordre du 16 septembre 2020. Les conclusions dirigées contre le point 2.2.2, qui prévoyait la mise en place d'un canal d'échange entre les forces de l'ordre et les journalistes titulaires de la carte de presse, ont été jugées non fondées concernant la rupture d'égalité. De plus, les mots "accrédités auprès des autorités" ayant été annulés par le Conseil d'État dans une précédente décision, les conclusions contre ce point sont devenues sans objet. Le point 2.2.4, également annulé par le Conseil d'État, a été pris en compte. Les autres moyens de la requête n'ont pas été suffisamment précisés et ont donc été rejetés.
Arguments pertinents
1. Sur la différence de traitement des journalistes : Le Conseil d'État a justifié la distinction entre journalistes professionnels et autres personnes utilisant le titre de journaliste. En effet, il a souligné qu'il est légitime pour le ministre de l'intérieur de prévoir un dispositif spécifique d'information pour les journalistes titulaires d'une carte de presse, car cela garantit une identification claire et opérationnelle :
> "S'il est vrai... que l'exercice de la profession de journaliste n'est pas subordonné à la détention d'une telle carte... le ministre de l'intérieur pouvait légalement... prévoir de réserver l'accès au canal dédié."
2. Sur l'annulation précédente : La décision antérieure du Conseil d'État qui a annulé les mots "accrédités auprès des autorités" rend les conclusions portant sur ce point sans objet, justifiant ainsi l'absence de nouveau jugement sur cette partie de la requête :
> "Dès lors, les conclusions de la requête tendant à l'annulation du point 2.2.2 sont devenues, dans cette mesure, sans objet."
3. Sur les autres moyens de la requête : Le Conseil a noté que les moyens invoqués dans la requête, outre les points spécifiques susmentionnés, n'étaient pas suffisamment précis pour justifier un examen plus approfondi :
> "Les moyens dirigés contre les autres dispositions du document contesté ne sont pas assortis des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé et doivent, par suite, être écartés."
Interprétations et citations légales
- Code du travail - Articles L. 7111-3 et L. 7111-6 : Le Conseil d'État s'appuie sur ces articles pour justifier que la carte de presse est un outil nécessaire pour distinguer les journalistes professionnels et légitimer leur accès à un canal d'information spécifique. Ces articles définissent les conditions d'octroi de la carte de presse, réservée aux journalistes ayant une activité rémunérée dans le milieu de la presse.
- Décision du Conseil d'État n° 444849, 445063, 445355, 445365 du 10 juin 2021 : Cette précédente décision joue un rôle crucial dans l'analyse des conclusions, confirmant qu'il ne peut y avoir de nouvelle évaluation des mots spécifiques annulés, ce qui montre l'importance des décisions antérieures en matière de droit administratif.
En somme, cette décision met en lumière les normes qui régissent l'accès à l'information pour les journalistes dans un cadre de maintien de l'ordre, tout en considérant les contraintes opérationnelles des forces de l'ordre.