Résumé de la décision
La requérante, Mme C...A..., ressortissante haïtienne, a contesté devant le juge des référés du tribunal administratif de la Guyane un arrêté préfectoral du 11 janvier 2019 lui enjoignant de quitter le territoire français. Elle a demandé la suspension de cet arrêté et la cessation de sa procédure d'éloignement, invoquant une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, soutenant que plusieurs membres de sa famille résidaient légalement en France. Le juge des référés a rejeté sa demande, considérant que l'exécution de l'arrêté ne portait pas une atteinte grave et manifestement illégale à ses droits. En appel, le tribunal a confirmé cette décision, considérant que la requérante n'avait pas établi l'existence d'une vie familiale stable en France et qu'aucun élément nouveau n'était présenté pour contredire cette évaluation.
Arguments pertinents
Les arguments clés de la décision incluent :
1. Non-atteinte grave aux droits : Le juge des référés a estimé que "l'exécution de l'arrêté... ne pouvait être regardée comme portant une atteinte grave et manifestement illégale" aux droits de la requérante, en considérant qu'elle était célibataire et sans enfants, et qu’elle n’établissait pas une vie familiale ancienne et stable en France.
2. Absence d'éléments nouveaux : En appel, il a été noté que Mme A... ne produisait aucun élément nouveau qui aurait pu infirmer l'appréciation du juge de première instance.
3. Refus de l'aide juridictionnelle : Le tribunal a conclu que le juge de première instance n’était pas tenu d'accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, ce qui a également été maintenu en appel.
Interprétations et citations légales
L'analyse des textes de loi appliqués dans cette décision permet de dégager les interprétations juridiques suivantes :
1. Article L. 521-2 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d’ordonner des mesures nécessaires à la sauvegarde des libertés fondamentales, à condition que "l'urgence" soit justifiée. Dans ce cas, le juge a pu conclure à l'absence d'urgence en raison de la situation familiale de la requérante.
2. Article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme : Ce texte garantit le droit au respect de la vie privée et familiale. Le juge a interprété que ce droit n'était pas gravement compromis dans le cas de Mme A..., du fait qu'elle n’établissait pas de liens familiaux suffisamment solides et stables en France, malgré la présence de certains membres de sa famille.
3. Article R. 742-5 du code de justice administrative : L'ordonnance critiquée par Mme A... n’a pas été signée, ce qui soulève des questions d’irrégularité, mais le tribunal a jugé que cette irrégularité n’affectait pas nécessairement le fond de la décision.
En conclusion, la décision souligne l'importance de démontrer l'existence d'une vie familiale solide pour invoquer efficacement une atteinte au droit au respect de la vie privée, tout en précisant que le juge dispose d'une large marge d'appréciation dans l'évaluation de la condition d'urgence.