Résumé de la décision
Dans sa décision, le juge des référés a rejeté la requête de M. A..., qui demandait la suspension de l'exécution d'une décision prise par le conseil départemental des Hauts-de-Seine de l'ordre des chirurgiens-dentistes. M. A... soutenait que l'urgence était présente du fait que la société Cabinet des Passages, dont il est le président, ne pouvait exercer son activité dentaire en raison du refus d'inscription au tableau de l'ordre. Le juge a constaté que M. A... avait exercé un recours administratif préalable, lequel n'étant pas encore statué, ne justifiait pas la condition d'urgence requise pour une suspension.
Arguments pertinents
1. Condition d'urgence : Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, malgré les affirmations de M. A... selon lesquelles son activité était compromise. Le juge a souligné que le recours formé auprès du conseil régional d'Ile-de-France était en cours d'examen et que celui-ci avait jusqu'au 14 novembre 2016 pour se prononcer. Par conséquent, "la condition d'urgence ne saurait...être regardée comme satisfaite."
2. Doute sérieux quant à la légalité : Bien que M. A... prétendît qu'il y avait un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, le juge a jugé que ce point devenait superflu, dans la mesure où l'urgence n'était pas établie. Le principe selon lequel "le juge des référés peut ordonner la suspension...lorsque l'urgence le justifie" demeure central.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs dispositions légales :
- Code de justice administrative - Article L. 521-1 : Cet article précise que le juge des référés peut suspendre l'exécution d'une décision administrative lorsque "l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision".
- Code de justice administrative - Article L. 522-3 : Conformément à cet article, le juge peut rejeter une demande sans instruction si celle-ci est manifestement irrecevable ou mal fondée, ce qui traduit la nécessité pour le requérant de démontrer à la fois l'urgence et un doute sérieux.
- Code de la santé publique - Article R. 4112-4 : Cet article stipule qu'un recours est obligatoire avant de poursuivre devant le juge administratif, ce qui indique que le requérant a épuisé la voie administrative avant de soumettre la question au juge des référés.
En conclusion, la décision met en lumière l'importance d'établir à la fois l'urgence et un doute sérieux sur la légalité d'une décision pour que la suspension puisse être accordée, tout en précisant les limites du pouvoir du juge des référés dans des circonstances où la procédure préalable est encore en cours.