Résumé de la décision
M. C... et M. B... ont déposé une requête devant le juge des référés, soutenant avoir subi une atteinte grave et illégale à leur droit au respect de la vie privée, suite à un refus de visa d'entrée en France. Le juge des référés, après examen, a rejeté leur requête en raison de l'irrecevabilité liée à l'absence de saisine préalable d'une commission compétente, ainsi qu'à la mauvaise compétence juridictionnelle, déterminant que le litige ne relevait pas de son ressort.
Arguments pertinents
1. Absence de saisie préalable : Les requérants n'ont pas démontré avoir saisi la commission auprès du ministre des affaires étrangères, ce qui constitue une condition préalable à l’exercice d’un recours contentieux, en vertu de l’article D. 211-5 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
2. Incompétence de la juridiction : Selon l’article R. 312-18 du Code de justice administrative, les litiges relatifs aux refus de visa d'entrée relèvent de la compétence du tribunal administratif de Nantes. Par conséquent, la requête des requérants ne peut être examinée par le Conseil d'État en premier ressort, étant manifestement irrecevable.
Interprétations et citations légales
Le jugement s’appuie sur plusieurs textes de loi :
- Code de justice administrative - Article L. 521-2 : Cet article permet au juge des référés d’ordonner des mesures pour protéger une liberté fondamentale, mais il stipule aussi que le juge peut rejeter une requête si l’urgence n’est pas établie ou si la demande est manifestement mal fondée. La décision affirme que la requête n'étant pas fondée sur une saisine préalable valide, elle ne respectait pas les exigences légales.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article D. 211-5 : Il stipule que la saisine de la commission pour les recours contre les refus de visa est nécessaire. L’absence de cette saisine a servi de base pour rejeter la requête.
- Code de justice administrative - Article R. 312-18 : Cet article définit la compétence ratione materiae des tribunaux administratifs concernant les refus de visa. Le non-respect de cette disposition a conduit à la conclusion sur l'incompetence évidente du Conseil d'État pour traiter cette affaire.
En conclusion, le tribunal a affirmé que la requête de M. C... et M. B... était non seulement irrecevable mais aussi manifestement mal fondée sur la base des éléments juridiques cités, conduisant directement au rejet de leur demande.